dimanche 30 décembre 2007

Appel à témoins contributions.

Chers amis lecteurs,

Comme vous l'avez remarqué avec la remarquable perspicacité qui vous caractérise, il y a quelque temps, j'ai commencé ce qui devait être une longue série de billets sur la problématique du "comment devenir un geek respectable".

Cette série bien prometteuse, je vous le rappelle, est ouverte à tous les professionnels de la question (ils sont nombreux, je n'en doute pas) qui voudraient y participer et ainsi inonder de joie et de savoir les lecteurs en demande, qui sont nombreux aussi, à en croire les 47 mails que je reçoit chaque jour.

Pour mémoire, les précédents articles se trouvent ici, la, et enfin la. Et la question en suspend, qui ne m'inspire pas du tout et c'est pour ça que je m'adresse à vous, est : "Est-ce qu'on peut arriver à faire du cul grâce à Wikipédia ?"

Bref, cher lecteur, si tu es toi même blonde à forte poitrine bloggueur et geek, n'hésites pas à écrire ce billet et ainsi, à inonder de connaissances tes lecteurs avides de savoir, sans oublier de poser une nouvelle question en fin d'article pour le prochain auteur, bien sûr.

Sur ce, bon réveillon à tous et à toutes, et à moi par la même occasion, tiens. Et joyeuses Paques.

mercredi 26 décembre 2007

vendredi 21 décembre 2007

D'

Retour à Bordeaux un peu brusque après ce séjour à Paris. Dur de revenir. Ambiance Noël en famille, achats de cadeaux, trou conséquent dans le budget "alcool".

Les familles recomposées, c'est deux fois plus de cadeaux à faire, je vais devoir attendre janvier pour payer les cadeaux de "l'autre côté".

Pendant ce temps, je me pose des questions existentielles. Je sais ce que je fuis à Paris, mais pour trouver quoi ? Je me retrouve propulsé dans le monde de la "normalité", côté "bourgeois" de la chose, en plus. Ici, pas de choix ou de libertés, il y a une voie à suivre, celle de la normalité, les choses sont simples, il faut faire "ça, ça, et ça". C'est comme ça qu'on fait.

Sauf que "ça", je l'ai en horreur. Pire encore, le fait qu'on décide à ma place de mon "avenir" m'oblige à me poser la question de savoir ce que moi, je voudrais, éventuellement, pour celui-ci. Sans aucune réponse, bien sûr, moi je ne sais rien, je sais juste ce que je ne veux plus. Mais pour faire quoi ?

Je pense à Paris, je sais ce que je fuis, je sais ce qui me manque. Rien ne changera si je retourne la bas, et rien ne me semble possible ici. Reste la possibilité de tout abandonner à nouveau, un "grand rien". Après les fêtes, pourquoi pas. Respecter les sacro-saintes obligations familiales, claquer ma thune pour vivre quelques moments agréables, et arrêter, vraiment, cette fois. Je n'en sais rien.


Vivement la fin des fêtes, vivement la fin...

mardi 11 décembre 2007

« Ce dont tu as besoin, c'est d'un "Toi"... » (Ch. 3)

D’aucun disent que le mariage est le plus beau jour de leur vie. Personnellement, je trouvais ça très long, j’avais trop bu, et je trouvais que c’était beaucoup de choses à endurer (la belle famille, les discours stupides, les danses ridicules…) juste pour s’intégrer au mieux dans la vie. Madame-Oui m’avait extrêmement vexé en répondant « oui » une fois encore à la question « tu t’ennuies autant que moi ? », et j’étais d’humeur particulièrement maussade, observant d’un mauvais œil la foule d’invités inconnus qui ne voulait pas se décider à partir.

J’imaginais de façon de plus en plus glauque le déroulement de la nuit de noce qui approchait d’heure en heure, me resservant un whisky sec, lorsque je remarquai que Dean m’observait fixement.

Je pensais des banalités comme « qui c’est » et « qu’est ce qu’il me veut ? » avant de faire l’erreur fatale de plonger mes yeux dans les siens. Je fus paralysé. Combien de fois, par la suite, me suis-je dit « ne le regarde pas, ne le regarde surtout pas » avant de me jeter, vaincu, dans ses yeux de toute mon âme…

Cet échange silencieux dura de longues secondes. Puis il me sourit, et s’approcha doucement de moi. « Je ne sais pas pourquoi tu te marries, mon jeune ami, mais je t’observe depuis un bon nombre de minutes, et j’en ai déduis que, de toute façon, tu devais te marier. » Il parlait comme ça, Dean. « Comment ça ? » demandais-je faiblement, groggy par son regard et l’éprouvante journée. « Ah, que le diable m’emporte si je le sais, je n’en sais rien encore. Mais ton destin te commandait de te marier, et nous découvrirons bien pourquoi ! La vie est parsemée tantôt d’épreuves, tantôt d’étapes, et le mariage, pour toi, je le ressens, devait être une étape obligatoire ! »

« Sûrement… » Acquiesçais-je, car j’avais quelque chose d’un « Monsieur-Oui », moi aussi… « Une étape, te dis-je. Quoi que rien ne t’oblige à en faire une épreuve ! »

Moi, personnellement, je n’avais jamais considéré le mariage comme une épreuve, si ce n’est celle, bien agaçante, du jour J. En dehors de ça, la vie de couple avec Marie-Claire me donnait entière satisfaction, et je m’étais jusque là plutôt considéré comme gagnant au change. C’est pour cela que je me contentais de répondre : « Oh, ça ne risque pas, je suis parfaitement heureux en ménage ! »

Dean eut un éclat de rire ravageur, le genre de rire puissant, bruyant, parfaitement déplacé ici, et pourtant touchant de sincérité, à tel point qu’il se révéla communicatif, sans que je ne comprenne réellement pourquoi. Cela me fit un bien terrible, d’ailleurs, de me laisser aller ainsi, et je me sentis soudainement fort détendu, bien qu’à moitié vexé du fait qu’il ait pu – que nous ayons pu – nous esclaffer ainsi de ma situation matrimoniale.

« Quoi… ? » demandais-je, souriant, incapable de développer plus avant la chose. « Rien, mon ami, rien, mais la vie est ainsi faite, les ménages sont tous heureux, avant le mariage, c’est une loi naturelle ! C’est après, ah ah, c’est après que les choses se compliquent, en règle générale ! »

Je le trouvais bizarre, mais sympathique, attirant. A ma grande surprise, je me vis lui répondre avec une franchise qui ne m’était pas familière : « Oh, pas de danger, je n’ai pas épousé une mégère en puissance, loin de la… Elle a autant de personnalité qu’un poisson rouge sous anti-dépresseurs ! »

Il rit à nouveau, savourant ma répartie comme si c’était le bon mot le plus subtil qu’il ait jamais entendu de son existence. Je m’en sentais confusément flatté. Puis son hilarité cessa brusquement, et il me souffla, d’une voix suintante de nostalgie : « Tu tournes le dos à ton destin… »

Le silence s’installa quelques minutes. C’était probablement une phrase un peu stupide, ridicule et vide de sens. Pourtant, sous l’effet de l’alcool, de la fatigue, et de son étonnant charisme, je la méditais sombrement, la tournais et retournais dans ma tête, avec le plus grand sérieux, une impression douloureuse de faiblesse, de honte et de résignation me collant au cœur.

« Je voudrais te faire une proposition, Pete. Pete, c’est bien ça ? » me demanda-t-il tout d’un coup. « Moi, c’est Dean. »

« C’est comme ça que m’appellent mes amis, oui… » lui confirmais-je.

« Alors ce sera Pete. Je voudrais te faire une proposition… » répéta-t-il. J’attendais la suite, sans rien dire, l’anxiété au creux du ventre.

« Je pars bientôt pour un "trip" dans toute l’Europe. Barcelone. Bruxelles. Amsterdam. Partout, je ne sais pas encore dans quel sens. Peut-être en train. Peut-être en stop. J’aimerais, oui, j’aimerais fortement que tu m’accompagnes. En tout bien tout honneur, bien entendu, juste pour que tu vois. La vie. Ce qu’elle peut être. La diversité, des gens, des paysages. Oh, je connais par avance ta réponse. Mais… »

Et c’est la qu’il me fixa à nouveau, yeux dans les yeux, poignardant sans scrupules mon âme déjà bien affaiblie. « … Mais, et c’est écrit en gras dans les tablettes antiques de ta destinée » conclut-il sans cesser de me fixer, « tu ne te contenteras pas longtemps de l’enfermement dans une cage dorée. »

Il disparut comme il était apparu. « Dean » m’avait-il dit. Dean… Des jours durant, la métaphore de la cage dorée n’eut de cesse d’obséder mon esprit, tout comme la vision de la flamme étrange qui animait son regard. Le souvenir de Dean restait gravé en moi, sorte de persistance rétinienne impossible à ignorer.

Puis, le temps aidant, cela passa, pour tomber petit à petit dans les profondeurs de l’oubli. La vie, la routine, et la certitude triste de ne jamais le revoir. J’oubliais… Mais en surface, en surface seulement.

Et un jour, contre toute attente, Dean ré-apparut.

« Ce dont tu as besoin, c'est d'un "Toi"... » (Ch. 2)

Dean est une personne bien malaisée à décrire. Dean était fou, oui. Sûrement. Mais avant tout, Dean était vivant. Il était l’incarnation de la vie, de la vivacité, de l’énergie.

Aucun regard n’était aussi fort, aussi puissant, aussi pénétrant que le sien. Je l’ai vu séduire ses féminines proies en les regardant, sans un seul mot. Il les scrutait, puis quelques heures plus tard, s’approchait d’elles et disait : « On y va ? ». Et ils y allaient, quelques heures de plaisir pour lui, une marque à vie, souvent, voire une blessure, pour elles. Ses yeux étaient magnétiques, emplies d’une lueur presque surnaturelle. Lorsqu’il prenait l’air innocent, ils faisaient de lui l’homme le plus candide au monde. Lorsqu’il était en colère, ses pupilles semblaient contenir toute la rage de l’humanité dans un puit sans âge. Oui, lorsque Dean fixait quelqu’un, ses désirs étaient des ordres.

Je me souviens d’un jour où nous étions, Dean et moi, poursuivis par quelques représentants zélés des forces de l’ordre. Nous avions croisés, dans notre fuite, une personne qui sortait tout juste de sa voiture. Dean lui avait dit « Bonjour, mon ami. Comment t’appelles-tu ? ». Surpris, l’individu avait néanmoins répondu « Jean-Pierre », tandis que je paniquais en me demandant pourquoi diable Dean ressentait le besoin de discuter, à un moment pareil. Dean avait affirmé : « Et bien, Jean-Pierre, c’est de ton plein gré que tu me donnes les clefs de ton véhicule. », ce à quoi l’autre avait tout naturellement répondu « Pardon ? Non mais ça va pas bien ?!? ». Dean l’avait alors fixé, yeux dans les yeux, pendant une dizaine de secondes, secondes qui furent, d’ailleurs, parmi les plus longues de mon existence. Puis il avait répété : « C’est de ton plein gré que tu me donnes les clefs de ton véhicule ». Sans un mot, l’homme lui céda ses clefs, et partit en titubant sur le trottoir.

Passé quelques mois, ayant repris ses esprits, ledit Jean-Pierre avait porté plainte pour vol de voiture, et Dean fut interpellé à cause des empreintes digitales, déjà bien connues des services de police, retrouvées dans la carcasse de l’automobile qui s’était malencontreusement retrouvée nez à nez avec un platane. Lors du procès, auquel j’assistais puisque l’audience était publique, la même scène s’était déroulée. Dean avait dit, en le fixant : « C’est de son plein gré que ce monsieur m’a donné les clefs de son véhicule », et le pauvre Jean-Pierre avait répété « Oui, c’est de mon plein gré que je les lui ai donné », avant d’abandonner, tout penaud, sa plainte.

C’était ça, Dean. Une force de la nature, des yeux qui vous soumettaient à sa volonté. En dehors de ça, il était brun, plutôt grand et assez mince, plein de gestes brusques et de tics nerveux. Dean était mon antithèse. Le comportement de soumission que j’adoptais avec tout le monde, lui l’obtenait de tout le monde.

Et, bien qu’à ce jour encore, je n’en comprenne absolument pas la raison, Dean, lorsqu’il me rencontra, décida instinctivement de m’adopter…

lundi 10 décembre 2007

« Ce dont tu as besoin, c'est d'un "Toi"... » (Ch. 1)

Dernièrement, je lis beaucoup. Je n’ai pas grand-chose d’autre à faire, ici. Récemment, j’ai lu quelque chose comme : « Je ne suis pas de ceux qui pensent qu’on peut devenir fou en passant une minute à réfléchir à quelque chose. Non. Je suis de ceux qui l’affirment. » J’en suis aussi. Et de même, je ne suis pas de ceux qui pensent qu’on peut devenir fou on côtoyant de trop prêt la démence de quelqu’un d’autre. Non. Je suis de ceux qui, amers, ne le savent que trop bien.

Moi, mon problème dans la vie, si c’est un problème, c’est que je n’ai aucune personnalité. J’ai toujours été un suiveur. Je me suis toujours laissé porter par le flot des évènements. Je n’aime pas être seul, je ne me sens exister qu’au sein d’un groupe. J’ai besoin des références et des valeurs des autres. Je ne pense rien, je pense comme mes amis du moment. Je suis de gauche. Je suis de droite. Ça dépend des personnes à qui je m’identifie, à un moment donné. Je ne suis ni pour, ni contre : je suis d’accord.

En fin de compte, tant que je n’en avais pas vraiment conscience, je vivais tout ça très bien. Je pensais faire preuve d’empathie, je tenais ça pour une qualité. Jusqu’à Dean, en fait. Jusqu’à mon mariage.

Je voyais le mariage comme une formalité. J’étais le seul de mon groupe d’amis, à l’époque, à être encore célibataire, et je ne voulais pas être singulier, différent. En un mot, je désirais ardemment trouver une compagne avec qui passer mon existence, car je pensais que c’était ça la normalité.

J’ai trouvé mon bonheur en la personne de Marie-Claire. C’est simple : Marie-Claire, c’était « Madame-Oui ». Quoi que je lui dise, elle répondait « oui ». Un jour, je lui ai dis : « Tu me plais. Je te plais aussi ? », elle a répondu « oui ». Quelques jours plus tard, nous étions dans le même lit, le mien, où même la, elle a toujours acquiescée à la moindre de mes requêtes. Quelques mois plus tard, tout naturellement, je lui déclarais : « Passe-moi le sel. Tu veux m’épouser ? ». Ce à quoi elle répondit, comme à son habitude, par l’affirmative.

Encore quelques mois plus tard, nous nous marrions. Elle n’avait qu’à dire « oui » une fois de plus, je pense qu’elle connaissait son texte par cœur… C’est lors de cet évènement que je rencontrais Dean. Ni moi ni ma femme ne l’avions jamais vu. À ce jour, je n’ai toujours pas compris comment et pourquoi il s’était retrouvé là.

Oui. C’est ce jour là, probablement, que ma vie bascula…

psychose de Korsakoff (Ch. 5)

Quand Sherlock Holmes se retrouvait bloqué au cours d’une enquête, qu’il ne savait plus par où commencer, vers où orienter ses réflexions ou comment planifier ses prochaines actions, il restait assis pendant des heures, voire des jours, à enfumer son bureau à l’aide de sa pipe, avec la classe typique des britanniques. Moi, je restais juste planté là, béatement, légèrement ahuri, attendant que quelque chose se passe.

Bénie soit la technologie moderne, il se passa bien quelque chose : mon téléphone sonna, m’empêchant ainsi de rester debout pendant des heures, voire des jours, à ne pas enfumer ma chambre sans l’aide de ma pipe, avec la classe typique des losers en fin de carrière. Sherlock, ça l’aurait rendu con, le téléphone portable. Genre : « Allo, Watson ? T’es ou, la ? Dans le subway ?!? Attend, ça coupe… Allo ? Non moi je fumais dans le bureau, en téléchargeant une sonnerie rigolote, une imitation de la Reine, j’te l’enverrais par BlueTooth ! »

Ouais, ça l’aurais rendu con, le portable, à Sherlock. Mais à moi, il m’évitait de sombrer encore un peu plus dans le précipice infini de la médiocrité.

- « Allo ? Djay ? C’est Camille, tu me remets ? Tu vas bien ? »

Je déteste qu’on m’appelle Djay, c’est Camille, je la remets, et tout va mal. En l’an deux mille, dans l’ère de la communication, on traduit ça par : « Ouais ! T’es ou ? »

Mais je suis un littéraire, moi, alors au mépris de tous les usages, je rajoute : « Je pensais à toi, justement, je me demandais si t’avais résolu ton problème de… » (Mince, de quoi, déjà ?) « … De cafards d’élevage, et si t’avais envie d’me voir autant que j’ai envie d’te voir… »

Et comme je suis aussi, actuellement, un détective, un enquêteur, je termine : « Sans dec ! Ça fait combien de temps qu’on s’est pas vu ? »

vendredi 7 décembre 2007

En temps de guerre (prélude aux confessions)

Cher Journal, je ne t’ai rien dit, cachottier que je suis, mais la semaine dernière fut pour moi une semaine riche en émotions. Non, il ne m’est rien arrivé. Je ne t’ai pas menti en te disant que, ces derniers temps, il ne m’arrivait absolument rien, rassures toi, cher Journal. Non. Le genre d’émotions qui te submergent, t’envahissent, te chamboulent, juste comme ça. Pour rien. Tu sais… Les souvenirs.

Je suis si peu habitué à me remémorer les quelques traces que mon esprit conserve du passé que, lorsque des souvenirs enfouis décident subitement de surgir de nul part, je me retrouve comme paralysé, le cœur battant, le corps frissonnant, incapable de réagir. Je ne peux rien faire. Je suis en état de siège, ils m’entourent, frappent de toute part, en même temps, désordonnés et pourtant terriblement efficaces.

Les sons, les images, les odeurs reprennent vie. Les mots qui blessent, les lèvres qui soignent, les yeux qui hurlent « donne moi ton âme », les visages qui cachent « comme tu m’as déçu », tous m’enveloppent dans une vive étreinte, douloureuse et épuisante.

Oui. Les souvenirs sont des traîtres. Ils peuvent attendre, attendre, et attendre encore, tapies dans l’ombre de l’inconscience, guettant le meilleur moment pour me susurrer à l’oreille d’une voix méprisante : « Mais regarde toi… »

La semaine dernière, donc, cher Journal, ça m’est arrivé. J’ai été lâchement pris pour cible par cette vieille chienne capricieuse de Dame Mémoire. C’est que, à deux heures d’intervalle, j’ai par hasard retrouvé la trace de deux personnes qui, à leurs façons, me furent à une époque particulièrement chères. Mon premier amour d’adolescent (sur copaindavant.com) et mon premier Amour avec un grand A (sur facebook). Bien sûr, sur le coup, je ne te cacherais pas que j’en fus fortement ému.

Mais je savais que Dame Mémoire voudrait en profiter pour me noyer sous ses sermons, et je ne comptais pas me laisser faire. Il me fallait contre-attaquer pour éliminer rapidement ce surplus d’émotions totalement déplacé, sinon, Mémoire en profiterait pour libérer son armée de souvenirs fantômes au travers de la brèche…

C’est toujours comme ça. La jeune Émotion part en éclaireur, vicieuse et charmante petite mercenaire, tente de créer une ouverture, de percer mes défenses, et en cas de réussite, son employeur du moment (Dame Mémoire, Prince Souffrance ou Lady Manque, peu importe) en profite pour envoyer ses soldats envahir la ville fortifiée d’Âme & Conscience.

Dans ces cas la, mon preux chevalier Self-Control, malgré sa vaillance et ses neuf vies, se trouve bien démuni, face à la violence de l’attaque. Parfois, certes, le demi-dieu Schizophrénie répond à mes prières et me sauve de l’assaut sauvage de mes oppresseurs. Mais le prix à payer est alors souvent considérable…

Mais je m’égare. Cette fois, je voyais bien que Dame Mémoire voudrait m’envahir, et je décidais donc d’envoyer directement Self-Control pourfendre la belle Émotion, aussi agréable qu’elle put se montrer au premier abord.

A ma grande satisfaction, ce fut une éclatante victoire. Self-Control, aidé par ses fidèles compagnons – Comptine Mnémotechnique et Masturbation Le Barbare – écrasa l’ennemie. Nous étions victorieux. C’est du moins ce que nous pensions…

Car Dame Mémoire est une fine tacticienne. Émotion n’était pas envoyée pour ouvrir une brèche, ni pour infiltrer l’ennemi de l’intérieur. Non. Sa venue n’était qu’une manœuvre de diversion. Et, alors que nous étions encore ivres d’avoir trop fêté la victoire, c’est une armée considérable qui déboula par derrière. Pris par surprise et encore éprouvés par le combat précédent (Masturbation Le Barbare refusa même de prendre part à la mêlée, sous le prétexte fallacieux d’avoir trop mal au bras pour tenir correctement son épée…), il nous fut impossible de nous défendre. Nous étions vaincus.

Il faut dire que Dame Mémoire ne s’était pas contentée d’invoquer les souvenirs fantômes liés aux deux femmes dont je t’ai parlé précédemment, ami Journal. Elle avait aussi fait appel, en renforts, aux spectres de toutes les femmes qui ont croisées ma route. Sans exception. Impossible de stopper ce flot de souvenirs si douloureux. Toute ma vie sentimentale m’est revenue en pleine face, de A jusqu’à Z.

Et Dame Mémoire se moquait, ne cessait de se moquer. Elle riait, sermonnait, ironisait, triomphante, emplie de cette joie malsaine qu’entraîne la domination totale de son adversaire.

Et moi, je ne t’ai rien dit, je t’ai tout caché, à toi Journal, pourtant censé être mon confident officiel. J’ai préféré de poser des « questions d’aspirants geek », et te décrire de la manière la plus absurde possible la figure de la bordelaise. Mais soit indulgent, compagnon. L’assaut fut violent, et mes si belles maîtresses Inspiration et Sincérité n’ont pas été épargnées.

Souviens-toi déjà, le week-end dernier, comme j’ai dû combattre avec acharnement Lady Manque et Lord Ressentiment. La victoire, tu le sais, à bien faillie me glisser entre les doigts, ma compagne et amie de toujours, Patience, échappant de peu à une tentative sournoise d’assassinat…

Oui, ami Journal. Ce sont des heures bien sombres que traverse le royaume d’Âme & Conscience. Je ne peux pas te raconter par quels arrangements j’ai repris possession de mon territoire. La politique, tu sais, et ses nécessaires secrets… Mais depuis, je m’en confesse à toi, car ton oreille attentive m’est presque devenue nécessaire : Depuis, quelque chose me tracasse.

Parfois, pour aggraver les blessures, Dame Mémoire n’hésite pas à me mentir. Elle déguise ses hordes de souvenirs. Elle les travestit. Juste pour m’atteindre plus profondément. Mais cette fois, tout était vrai. Chaque moquerie, chaque remarque acerbe, chaque attaque était justifiée. Vérité, que je courtise depuis toujours, Vérité à qui j’ai toujours tenté d’être fidèle, Vérité m’a trahis et a rejoint l’ennemi. Les séquelles en seront profondes et durables, crois-moi. Toi, au moins, je connais ta loyauté sans faille.

Demain, ou dans les jours qui viennent, je te détaillerais chaque assaut que j’ai subit, lors de cette terrible guerre. Et tu verras à quel point le royaume peut avoir honte de certain de ces méfaits. A quel point certaines pages de notre Histoire sont loin d’être glorieuses. Et tu verras comme, en secret, le royaume a souffert.

Allons, ne prend pas cet air offusqué. Si tu n’es pas au courant, c’est juste parce que tu n’étais pas encore né, à l’époque. Mais pour l’heure, je dois te laisser. Il me faut bien faire acte de présence auprès de la cours, cher Journal. Sinon, le peuple s’inquièterait.

Reste à disposition, toutefois : Ton Roi reviendra très bientôt, et il n’apprécierait point de devoir tolérer une nouvelle fois la compagnie de ce laquais Internal Server Error à la place de la tienne, sache le. Ta fonction est indispensable, mais tu n’es pas irremplaçable, mon ami. Garde cela en mémoire, et sache qu’en dépit de tout, c’est toujours moi qui gouverne, ici…

mardi 4 décembre 2007

Devinette !

Oui. Jouons un peu, hein, après des posts si... Heu... Sérieux, il est temps de passer à quelque chose de plus frivole, léger, puéril. Amusons-nous gaiement, donc. Et comme disait mamie, "youpiyou tralala".

Devinette, donc.

Laissez moi me concentrer, je dois rentrer dans la peau de Julien Lepers... Attention... Oh... Oh oui, OOOOoooOOoooh ça viens, hin, hin, OUI, OUI JE LE SENS L ESPRIT LEPERS OUI ATTENTION..............

Bonsoir.

Ce soir soirée inoubliable. Du suspens et de l'émotion seront au menu de cette évènement exceptionnel. "Question pour un gros con", grande finale super deubeule ouane heugaine heu fore mégagroov' dance2000 Champigny-Les-Oies 2007.

A ma gauche, la challenger, ouh yeah, 97 ans dans deux mois, retraitée ancienne concierge à la Gestapo, spécialiste du terroir connaissant par coeur l'intégrale du JT de Jean-Pierre Pernaud de 1988 à nos jours, j'ai nommé... YvooOOooonne !!

A ma gauche aussi, parce que je suis pas au milieu du plateau, ahah je suis taquin, le champion en titre, ex-CRS au chômage, il connait toutes les races de chiens par cœur, il sait tout sur le tuning et il collectionne les autoradios depuis 1996... Le grand, le costaud, Lucien mesdames et mesdames !!

Vous êtes prêt les amis ? Non ? Et ben c'est pas grave ahah ! "Question pour un champion", l'émission de la franche rigolade. D'ailleurs tiens, Lucien, un calembour avant de commencer ?

"Heu... Melon et Melèche sont dans une maison... ?"

Oui non, ça ira. Alors concentrez-vous, première question, je suis... Je suiiiis... JEUH SUIIIIIS ?!?!? HEIN ALORS ? JE SUIS JE SUIS JE SUIS ?

"François Miterrand ?"

NOOOOON Yvonne, mauvaise réponse ! Lucien ? Une idée ?

"... Hein ? Non."

Ah, dommage, il s'agissait bien évidemment d'une fourchette.

"J'ai pensé un moment à une limace, mais je me suis dit que ça collait pas."

Ah si Lucien, si si, une limace, ça colle ! Ahah, "Question pour un champion", l'émission de la déconnade décontractée ! Bien. Deuxième question. Vous êtes prêts ? Yvonne, ça va ?

"...... heiiiiiiiiiiiiiin ?"

Non je disais, tout va bien ?

"Sans sucre, merci."

D'accord Yvonne. Lucien ?

"J'VAIS LUI PETER SA GUEULE !"

Très bien. Nous pouvons donc continuer, je vous recommande la plus grande concentration car c'est une question difficile...

Je suis de sexe féminin, je suis..

"UNE PUTE !"

Non Lucien, non, mais vous chauffez.. Vous chauffez quand vous dites "pute" ahah ! "Question pour un Champion", l'émission de la camaraderie grivoise ! Je reprend.

Je suis de sexe féminin. Plutôt grande, élancée, habillée de manière chic et couteuse, je suis..

"UNE PUTE !"

Non, Yvonne. Je reprend. De manière chic et couteuse, je suis pressée, sans avoir rien à faire, juste pour montrer à mon entourage que je suis une femme active.

Ma bouche est souvent tordue en un rictus stressé, je m'entraine tous les matins à perfectionner mon regard hautain et méprisant, et j'arrive à prendre un air de dégout rien qu'en frémissant du nez. Je suis toujours bien coiffée, sans un seul cheveux qui dépasse, malgré le vent, les intempéries, les deux enfants et les cochonneries du dimanche soir.

Quand je rencontre une semblable, je soupire toujours longuement en regardant autour de moi après lui avoir fait la bise. Puis je m'assois, de la manière la plus classe possible, car c'est bien pour ça que je m'entraine à m'assoir et à me lever pendant des heures depuis l'age de 12 ans. J'exige d'obtenir l'arbre généalogique de chaque mari potentiel que je rencontre. J'aime le violon. Je ne comprend pas pourquoi les pauvres se reproduisent autant, surtout qu'en général le visage de leurs enfants est à vomir, du moins si j'étais capable de vomir mais moi je ne vomis pas, car ça c'est pour le peuple et les anorexiques.

Je suis... Oh... Hé, Yvonne... Réveil, la ! Who ! PUTE ! REVEIL, YVONNE ! Non mais tu te crois ou, la... On est pas chez Sevran ici ! "Question pour un Champion", l'émission des vieux dynamiques OK ? Du nerf. Alors.... C'est quoi ça... Je reprend. Et toi Lucien, lache ce révolver. Je reprend.

Moi je ne vomis pas, car ça c'est pour le peuple et les anorexiques. Dans la vie, je serais riche, mais je ferais un ou deux ans dans l'humanitaire avant. Car même si je suis supérieure, je suis aussi capable de faire preuve de compassion envers tous ces gens qui ne sont pas vraiment humains.

Un jour, un homme m'as dit des gros mots pendant l'acte sexuel, ça m'as choquée au plus haut point, mais heureusement "j'ai un psy géniââââââl !!!".

Un autre jour, mon marie a voulu faire l'amour comme ça, sans planifier à l'avance, mais je l'ai remis à sa place en le menaçant de divorce, et de tout révéler à ses parents.

Je suis... Je suiiiiis... JE SUIIIIIIIIIIS ?? HEIN HEIN ??

JE SUIS BOURGEOISE ET GUINDEE ? JE SUIIIIIIIIIIIIIIIIIS ?

Oh. Lucien. Hé. Lache Yvonne maintenant. Lache Yvonne, tu vois bien qu'elle veux répondre... Yvonne ? Allez, je suiiiiis ?

"gniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii bweuargh touss tousssss malotru !"

Aaaaah comme c'est dommage, non Yvonne, mais presque.

Lucien ? Une idée ?

"Nan, et j'en ai marre de gagner des dictionnaires ok ? Faut pas trop s'fouttre de ma gueule, tête de bite !"

Des encyclopédies, Lucien, des encyclopédies !

"Mon cul ouais, des dictionnaires ! Y'aurait des roues, si c'était des encyclocypèdes !"

Bon allez, on joue, la, "Question pour un Champion", l'émission ou bonne humeur rime avec, avec bonne humeur quoi ! Oh ! Alors ! Hein ? Bon... Attention parce que le temps il tourne, et après l'heure, c'est plus l'heure ! Oh. Dommage. Perdu, trop tard.

La réponse était pourtant simple les amis ! Je suis sûr que les téléspectateurs ont trouvés, chez eux, devant leur téléviseur ! Ah. Non. On me dit dans l'oreillette qu'il n'y a plus de téléspectateurs. Bien bien.

La réponse était : "Bordelaise", bien sûr ! "Je suis bordelaise" ! Lucien, non, on avait dit pas de nécrophilie avant 23H, ya des règles à la télé ! Lucien ? Dans ma loge, sinon ? Hein ? Non ? Bon.

Et bien messieurs et messieurs, encore une victoire de Lucien, par forfait et mort de la victime, sur un score de 0 à 0, comme d'habitude. Je rend l'antenne et je vous dit "à la semaine prochaine" : à la semaine prochaine. Pas avec le buzzer, Lucien, je... Aïe ! Coupez !

samedi 1 décembre 2007

Questions d'aspirants geek - 2.

« Vaut-il mieux posséder une copine ou un serveur IRC ? »

Pour répondre à cette épineuse question, il nous fallait un professionnel. Un professionnel en serveur IRC, doublé d'un professionnel en copines (depuis peu) (depuis qu'il est beau) (qu'il sent bon le sableuh chaud) (parce qu'avant, il...) (enfin on s'en fout).

Or, le (très) grand Bishi s'est justement proposé de rédiger la réponse. Tout en changeant le titre de cette rubrique en "
Les conseils malins du Docteur Nerd", ce qui est d'un mauvais gout douteux, mais soit.

Vous trouverez donc l'article sur son blog à lui, et peut-être que d'autres auteurs seront tentés pour la suite.

Bien cordialement, votre dévoué,

Yo²

vendredi 30 novembre 2007

Questions d'aspirants geek - 1.

« Comment classer ses contacts MSN ? »

Question d’apparence simple et anodine. Et pourtant bien plus complexe qu’elle n’y parait de prime abord.


Tout d’abord, sachez que WLM, anciennement MSN, est un logiciel codé par des informaticiens, donc pour des informaticiens, avec une logique d’informaticien. Ce qui fait que, vous l’aurez peut-être remarqué, tous vos contacts, à peine ajoutés, se retrouveront par défaut inclus dans le groupe « Autres contacts ». Oui, pour un informaticien, c’est logique, « tous » = « autres ». Cela peut paraître absurde, à bien y réfléchir…


Si les informaticiens géraient le monde réel, le panneau « autres directions » signifierait sûrement que c’est la direction à suivre pour continuer sur la route principale. Les instituts de sondages nous assureraient qu’à la question « Quel est votre homme politique préféré ? », la réponse serait :

« - Sans opinion : 2%

- Ne se prononce pas : 1%

- Robert Dupouille (député-maire de Montigny-sur-Orge) : 0,1%

- Autres : 96,9% »


Le proverbe tiré de l’œuvre de Sartre deviendrait : « L’enfer, c’est les autres contacts, mais on peut les bloquer ». Et « De l’autre côté du miroir » serait un roman décrivant les côtés gauche, droit, haut et bas du mur à proximité du miroir, mais sûrement pas ce qu’il y a devant (« Ca dépend, c’est une question d’utilisateur »), ou pire, derrière, parce que « Fatal Error : derrière, c’est pas un côté ! ».


Fort heureusement, ils sont occupés à coder MSN. Ce qui fait que, sans intervention de votre part, tous vos contacts sont des autres contacts.


Comment, donc, trier vos contacts de manière plus pratique, plus ergonomique ? Vous vous dites sûrement qu’il y a des tas de réponses différentes, plus ou moins satisfaisantes. Oui. Mais il n’y a qu’une réponse « geek ».


Le logiciel, de mémoire, vous propose quelque chose comme « Amis », « Famille », « Collègues »… C’est un piège. Virez tout ça. Tiens, imaginez que votre frère, que vous considérez comme votre meilleur ami, travaille dans la même boite que vous. Ou le classez-vous, la ? Hein ? Et si un collègue vous dit « Salut mon frère », devient-il un ami ? Un piège, je vous dis, un piège…


En plus, fonctionnellement, un tel classement ne sert strictement à rien. Je veux dire, savoir que « Oh tiens ! J’ai 7 collègues en ligne sur 18 ! », ça vous apportera jamais rien dans la vie…


Non. Réfléchissez. Pensez « geek ».


Voici la seule façon de trier ses contacts pour tout « geek » qui se respecte : « Gros seins », « moyens seins », « petits seins », et « pas de seins ».


Méditez la dessus, car c’est un véritable état d’esprit, une logique, une philosophie, que vous devrez acquérir, et vite, pour gagner vos gallons dans l’univers virtuel. Des imbéciles objecteront : « Mais si je ne connais pas la taille des seins de mon interlocuteur ? ». Ce à quoi je répondrais (par expérience) : « Pas de seins ». D’autres idiots diront : « Mais si je ne connais pas la taille des seins de mon interlocutrice ? ». Ce à quoi je répondrais : « D’où l’utilité du "Autres contacts" de tout à l’heure, sachant qu’aucun contact ne doit rester classé longtemps dans ce groupe bancal et bâtard ».


Je vous laisse dés à présent réfléchir sur la leçon de ce jour, et vous retrouverais très prochainement pour une nouvelle question, dans le vif du sujet cette fois, puisqu’au cœur de tous les débats depuis des années sur le World Wide Web : « Vaut-il mieux posséder une copine ou un serveur IRC ? »


Bien cordialement, votre dévoué,

Yo²

jeudi 29 novembre 2007

Questions d'aspirants geek - Introduction.

J’ai constaté, avec l’avènement des nouvelles technologies et la démocratisation d’Internet au sein des foyers français, qu’il y avait un nombre croissant de jeunes et de moins jeunes passant dorénavant la majorité de leur temps libre en compagnie de leur ordinateur, pensant ainsi pouvoir prétendre au titre de « geek », personnage d’influence sur ce qui se dit, ce que l’on fait, ou ce que l’on pense sur la toile du réseau des réseaux.

Etant moi-même un vétéran de ce mode de vie que certaines mauvaises langues assoiffées d’argent facile qualifient de « cyber-addiction », et ayant été par le passé un vrai « geek » parmi les plus grands (avant de troquer cette carrière contre celle de SDF), je peux vous dire qu’il n’en est rien : Passer du temps sur le réseau ne fait pas de vous pour autant un « geek » respectable. Etre « geek », sachez-le, c’est avant tout une question de culture !

Cette affirmation, j’en suis certain, déclenchera des hurlements d’indignation chez nos quelques rares amis communistes survivants (Si ! Il y en a !), arguant du fait que de plus en plus d’internautes pour un nombre quasi-identique de vrais « geeks », tout ça pour une question de « culture », c’est une insulte au principe d’égalité, et une reproduction virtuelle de notre société de classes, où le « geek » serait l’équivalent du traditionnel « bourgeois ». Oui. Fort bien. Ce à quoi je répondrais : « Ta gueule ».

Humainement, cependant, cette situation, parfois, me peine. J’entends la douleur de tous ces individus qualifiés de « newbies ». Je perçois la souffrance de ces gens qui passent leur vie sur le chat de « voila.fr » sans pour autant lever la moindre femelle, se faisant injustement kicker ou bannir à la moindre tentative de revendication ou même d’humour. Le même sentiment de rejet, de mépris, que nous ressentions, souvenez-vous, à l’école, lorsque l’on était le dernier élève à être choisi dans l’une des deux équipes de foot. Rejeté du groupe, pour d’obscurs raisons culturelles et sociales, malgré nos compétences et capacités réelles. (La preuve ? Au foot, j’étais probablement le meilleur goal de tous les temps, puisque j’ai bel et bien réussi à éviter toutes, j’ai bien dis TOUTES, les balles que l’on me balançait dessus avec tant de rage et d’agressivité…)

J’ai donc décidé d’apporter mon aide à tous ces exclus des mondes virtuels, de contribuer à la mobilité sociale du web. D’où la création de cette rubrique « Questions d’aspirants geek » sur mon blog, où je répondrais à toutes les questions intimes et secrètes que ces derniers se posent, afin de devenir un internaute réputé, respecté, et apprécié. En un mot, un « geek », un vrai. L’élite.

Nous commencerons dés demain avec une simple question pratique, sans rapport apparent avec la culture ou l’idéologie, mais qui pourtant devra être traitée avec une certaine logique, logique que chaque aspirant « geek » se devra d’acquérir au fil du temps. Cette question sera : « Comment classer ses contacts MSN ? ».

Vous pouvez dors et déjà tenter d’y répondre en commentaire, nous verrons ainsi qui sont les « vrais » dans ce monde si faux.

Bien cordialement, votre dévoué,

Yo²

mardi 23 octobre 2007

Big Brother [3]...

"En cas de rupture, contacter le plus rapidement possible Sida Info Service."

Il pleut à torrents tout autour de moi, mais je suis protégé par les parois en verre de la cabine téléphonique dans laquelle je me suis réfugié. L'averse, subite et violente, ne semble pas vouloir s'arrêter. Ma main, s'enfonçant machinalement dans une de mes poches, entre accidentellement en contact avec le fameux préservatif ayant servi de cadeau d'adieu à mon ex-compagne. Je repense à l'étrange conseil inscrit au dos de l'emballage.

Après tout, pourquoi pas... Ça fera passer le temps, et je suis à l'endroit idéal pour téléphoner : ici, on ne pourras pas tracer mon appel.

Je décroche, insère ma carte dans la fente de l'appareil, puis compose le numéro inscrit sur cet objet qui ne me quitte plus. Une faible sonnerie malade consent enfin à cracher son agonie à l'intérieur du combiné. Un léger déclic se fait entendre. Un léger déclic se fait entendre... "Sida Info Service, bonjour !". Je raccroche.

L'espace d'un instant, sans trop savoir pourquoi, j'ai été littéralement pris de panique. Frisson le long de l'échine. Rythme cardiaque en trombe. Transpiration, vertiges.

Un moment, je me demande si je dois prendre au sérieux ce mauvais pressentiment. Puis je balaye cette idée de mon esprit. Ça ne m'a jamais posé que des problèmes, jusqu'ici, de suivre mes intuitions...

Le téléphone n'arrête pas de me hurler ses bips incessants, sa façon à lui de m'ordonner impérieusement de retirer ma carte de l'appareil. C'est toujours quand on veux que je me retire qu'on fait le plus de bruit, décidément. Qu'à cela ne tienne. Je m'exécute, puis repars à la charge.

Encore une fois : sonnerie en phase terminale, léger déclic menaçant, et même voix que tout à l'heure, j'en mettrais ma main à couper... "Sida Info Service, bonjour !".

- "...
- ... Sida Info Service, BONJOUR !
- Heu. Bonjour.
- Que puis-je faire pour vous ?
- Heu... Je ne sais pas trop, probablement rien, mais y'avait écrit... Que...
- Oui ?
- Et bien, vous savez... "En cas de rupture"...
- Oh ! Bien sûr ! Sachez que les risques, bien que minimes, existent toutefois bel et bien, et qu'il serait imprudent de les prendre à la légère.
- ... Les risques ? Quels risques ?
- D'infection. Par le sida, ou une autre MST. Sachez que...
- Non mais, comment dire, nous nous sommes toujours protégés ! Enfin...
- Heu. Oui. Mais j'ai cru comprendre qu'il y avais eu rupture...
- Merci, je sais bien ! C'est précisément pour ça que je vous appelle.
- ... Et c'est pour ça que je vous parle des risques...
- Je ne vous suis pas tout à fait. Vous... Oh ! Bien sûr, vous... Heu... Voulez parler des capotes usagées ?
- Pardon ?!?
- Ce n'est arrivé qu'une ou deux fois, tout au plus, vous savez !
- Heu... Oui, alors heu, dans ce cas..."

Je raccroche à nouveau. Nouveau vent de panique, facilement maitrisé cette fois. Du sang froid, surtout, du sang froid. Comment, comment diable savait-il ? Comment était-il au courant ?

Ils savaient, ils savaient tout ! Je ne sais pas pourquoi. Mais on me surveille. Depuis longtemps, dirait-on. Et ils voulaient que je sache. Que je sois au courant de leur existence.

Je cherche en vain à repérer leurs éventuels espions, sur le chemin du retour. Il pleut toujours autant. J'emprunte des itinéraires détournés, ce qui est tout bonnement ridicule, puisque je rentre chez moi, et qu'ils doivent bien savoir ou c'est...

Ce préservatif n'était pas un cadeau. Non. C'était un piège, destiné à me faire passer ce coup de fil. Comme si c'était un signal, le coup d'envoi de... Quelque chose. Il me reste à savoir s'il vient bien de Nathalie, ou si ce n'était qu'une mise en scène visant à me le faire croire. Est-elle complice ou victime de ces mystérieux personnages ? Pourquoi moi, et pourquoi se découvrir maintenant ?

C'est relativement serein que je referme la porte de mon appartement. Je n'ai pas à avoir peur. Je trouverais les réponses à toutes mes questions, l'une après l'autre. Ils n'ont pas idée de ce que je peux faire.

Je m'installe sur mon vieux canapé, allume la télévision (un obscur jeu de questions réponses). Pour me détendre, je me sers une bonne rasade de whisky. Mon regard s'attarde sur l'avertissement au bas de l'étiquette. "L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération"...

vendredi 19 octobre 2007

Retour à Bordeaux.

Tout à changé. Des rues qui n'existaient pas, des terrains vagues qui n'existent plus, des commerces métamorphosés, des enseignes disparues, des coins qui craignent devenus vitrines de la ville... Seuls les gérants de la librairie / tabac de mon quartier sont restés les mêmes, et n'ont pas pris une ride. C'est louche !

Peut-être que ce sont des extra-terrestres préparant une future invasion de notre planète. Ils préparent probablement un gigantesque complexe souterrain, et ont choisis les sous-sols de ma cité. Choix logique et judicieux, il me semble. Quand je suis entré, le gérant m'as sourit, de la même manière qu'il faisait avant, petit sourire aimable, légèrement commercial, mais pas trop. Comme si j'étais venu la veille. J'ai demandé un paquet de tabac à rouler, il avait déjà un paquet de Marlboro en main. Ce que je fumais à l'époque. J'ai aussi demandé une recharge "Virgin Mobile". Il m'a regardé, l'air étonné. J'ai l'impression qu'il s'est retenu de dire : "Vous n'êtes plus chez Bouygues ?".

Je suis donc ressorti de là passablement effrayé, CHER JOURNAL, bien qu'effrayé, je l'étais déjà avant même d'y entrer. Mon quartier etait si différent, et si semblable à la fois. Mon bâtiment (MON bâtiment) était entouré d'une clôture (et pourquoi pas des barbelés, tant qu'ils y sont ?). Et mon bâtiment (l'autre, MON bâtiment, le deuxième), (suis, suis donc, cher Journal, sinon on s'en sort pas...) était plein de... Avait des portes munies de... Hum. De digicodes.

C'est que c'est le dernier, le DERNIER, des immeubles de ma cité à avoir été doté de digicodes. Je pensais qu'il serait épargné. Une sorte de résistant. Mais non. Il a des digicodes plein les entrées. et ses couloirs s'allument tous seuls au moindre mouvement. Tellement inutile. Comme si le luxe des halls d'entrées pouvait camoufler la misère de ceux qui les habitent. Enfin... Pratique, pour les tournantes.

La grande surface où j'ai fais mes classes a été remplacée par une sorte de clone de Leader Price au nom inconnu. Si ça se trouve, c'est un ancien caïd de ma classe qui tiens l'affaire. La semaine prochaine j'irai chiper un truc, voir un peu l'ambiance quand on s'fait attraper.

L'ambiance, elle, n'a pas changée. Résignation, fraternité, regards éteints, mobylettes trafiquées, provocations verbales, vie de village et vannes de fenêtres à fenêtres, gosses qui courent en riant, papis qui jouent aux boules, jeunes qui squattent leur banc heure après heure, jour après jour, et mon banc, ou il est mon banc, ils ont virés mon banc...

Ce quartier est empli à rabord de gaieté, d'humour, de vie est de complicité. De gaieté de façade, d'humour d'urgence, de vie factice, pour se convaincre que vie il y a, et de complicité calculée, pour survivre au sein de la masse. Ce quartier est comme moi. Mes parents, c'est ce quartier.

Nostalgie, culpabilité. Demain je choisirai le centre-ville touristique et commercial. La rue Sainte-Catherine, elle, j'en suis sûr, n'aura pas changé d'un poil.

mardi 25 septembre 2007

J'ai trouvé un avenir.

Vous n'avez jamais eu le désir de trouver une idée ? Je veux dire par la, une véritable idée, nouvelle, inédite, révolutionnaire. Un truc qui pourrait changer la face du monde. Ou au moins celle de votre compte en banque.

Moi si, depuis toujours.

Gamin déjà, on en discutait. Sur le banc en face du collège, au lieu d'aller en cours.

"ça sert à rien, toute façon, l'école..."
"ouais, tout ça pour finir chômeur..."
"sérieux, on va vivre en chien, on va finir en chien, les mecs. Faut qu'on trouve un truc. Faut qu'on trouve une idée !"

Sauf que trouver une idée que personne n'a jamais eu, au final, c'est super compliqué. Surtout s'il faut en plus qu'elle soit bonne....

Un peu plus vieux, bien que toujours pénalement irresponsables, on était toujours attaché à ce concept d'idée géniale, du truc qui changerait nos vies à jamais. Une bière, un joint, un regard sur l'horizon, un flash, une réflexion serieuse, creusée et aboutie, un passage à l'acte, et un avenir. Enfin. Un avenir.

Mais comme on y arrivait pas, on se contentait juste d'innover, de recycler quelques vieux concepts qui avaient largement fait leurs preuves. Comme voler dans un supermarché (banalité absolue) mais avec quelques "trucs et astuces" spécialement concoctés par nos cerveaux effervescents, histoire de rendre la chose efficace, sans risque, et tant qu'à faire, divertissante. Et surtout, divertissante.

Mais il n'as pas fallu longtemps pour que la lassitude nous morde. Il n'as pas fallu longtemps pour que la résignation nous couche par terre. Il n'as pas fallu beaucoup plus de temps non plus, pour que nos cerveaux soient de moins en moins capable de réfléchir longuement, de se concentrer, de fonctionner plus ou moins correctement. On savait bien, pourtant, que limiter l'alcool, les joints, et s'arrêter à ça, c'en était une bonne, d'idée. Mais elle n'était pas de nous. Comme si notre excès de fierté était en fait la graine semant nos penchants pour l'autodestruction. Ou l'inverse, peu importe. Partir les premiers, finalement, n'était-ce pas la seule bonne idée que nous n'ayons jamais été proche de cueillir ?

Et puis on a tous plus ou moins tacitement décidés d'échouer seuls, plutôt que de rêver ensemble. C'est surement ça, l'age adulte. "Chacun sa route, chacun son chemin", chantait à cette époque un rasta qui plaisait aux vieilles dames. Parfait. Qu'importe l'itinéraire qu'on emprunte, on sait bien qu'on a tous la même destination, de toute façon. Pas vrai les gars ?

Toi t'as choisis la drogue, toi la taule, moi Paris. Qui est le plus fou des trois ? N'ai-je pas eu là l'idée la plus lugubre, finalement ? N'ai je pas eu l'idée la plus vide de sens ? Comme si vous aviez laissé votre espoir mourir à petit feu, alors que j'avais achevé le mien d'un coup sec.

Ici j'ai tout oublié. Vous, moi, mes rêves de gosse. L'idée d'avoir eu des rêves de gosse. Même l'idée d'avoir des idées me serait apparue comme révolutionnaire si on m'en avait fait part. A quoi bon ? A Paris tout va vite. On fait des choix ici. On se décide. Penser se résume à un QCM. Oublier. Oublier deviens le moteur. Ici, c'est l'environnement parfait pour moi. Je roule au sans plomb dans la cervelle.

Sauf que les idées, c'est un peu comme l'amour. C'est quand on y pense plus, quand on y crois plus, que ça vous tombe dessus. Et en général, pas longtemps après, ça commence à faire très mal...

"Hier, j'ai mangé une pomme", celle qui m'est tombée sur le crâne. Et ding, une ampoule s'est allumée au dessus de celui-ci, un peu comme dans les dessins animés de ma jeunesse.

Viendront donc échec et déception. Sans nul doute. N'empêche que cette idée révolutionnaire, je crois bien que je l'ai. Celle qui pourrait changer mon quotidien, et même celui de milliers d'autres personnes, si jamais je me montrais capable de la creuser et d'en faire quelque chose de concret.

"Allo, mes frères ? Revenez, revenez les gars ! J'ai trouvé un avenir..."

dimanche 16 septembre 2007

Big Brother [2]...

"Pour chaque rapport, utiliser un nouveau préservatif."


C'était donc, ça, le truc. Peut-être. C'était donc ça, ma faute. Qu'est ce que vous en pensez, vous ? C'est peut-être pour ça qu'elle m'a larguée.

Des conseils pareils, aussi, ils devraient les marquer en fluo, sur la capote elle même. Au lieu de les marquer sur la boite. J'veux dire, dans le feu de l'action, tout ça, on regarde pas trop, la boite.

Peut-être qu'une fois, sans m'en rendre compte, je me suis trompé, les capotes neuves, les capotes usagées, elles sont un peu au même endroit, par terre, prêt de mon lit. Sous l'influence du stress inhérent à ce type de situation, une main qui tâtonne nerveusement le sol, l'autre qui tente tant bien que mal de continuer son office pour ne pas faire baisser l'excitation... Des regards en biais vers le plancher pour tenter de voir ou, EXACTEMENT, se cache ce putain de bouclier de latex, peine perdue, peine perdue puisque, sitôt que je regarde ailleurs, j'en suis sûr, les préservatifs se déplacent pour éviter que je les attrape, j'en suis convaincu.

La prochaine fois, à la pharmacie, même si je dois payer plus cher, je demanderais des préservatifs domestiques. Les préservatifs sauvages, c'est vraiment pas pratique. Ils s'enfuient, ils veulent pas se mettre correctement, et en plus, ils sont tout glissant.

Les capotes domestiques, je suis sûr qu'elles connaissent déjà des tours. Si ça se trouve, suffit de crier "Allez hop !! Debout ! Sur ma bite !". Et elles font tout le travail.

Mais bref. Du coup, c'est possible, une erreur d'inattention, et j'ai pioché une capote usagée sans m'en rendre compte. Et du coup, elle m'a larguée. Mon ex, donc. Pas ma capote.

Non... Tout ça ne tient pas debout, pas vrai ?

Non... Ça ne tient pas. Ça faisait trop longtemps qu'on avait pas baisé.

Ce n'est pas l'hypothèse la plus absurde que j'ai élaboré pour expliquer son départ, cependant. Imaginer des hypothèses, je trouve ça sympa, ça fait passer le temps. Et en plus, quand on commence à virer dans les théories légèrement saugrenues, ça devient drôle.

Oui. Les heures sont devenues bien amusantes, depuis cette rupture. Je l'en remercierais, quand elle rentrera à la maison.

J'en étais à ce point là de mes considérations lorsque j'ai remarqué qu'on me surveillait. Ou du moins, qu'on m'observait. Enfin, après tout, c'est la même chose.

Une femme, à la table d'à côté. Elle me regarde fixement, l'air ahurie, comme si elle avait vu un martien se téléporter à côté d'elle et commander un double express. Je me retourne vers elle, souriant, et lui demande d'un air candide :

- "Vous me trouvez bizarre ?"

- "Je... Heu, c'est à dire..."

- "Vous trouvez bizarre le fait de regarder pensivement un préservatif pendant des heures, à la terrasse d'un café. Laissez moi vous dire que vous êtes obtus, madame."

- "Mais... J'ai rien dis, je..."

- "Silence, petite sotte." dis-je en marmonnant, pour conclure magistralement, mais discrètement, cet échange. Sans dec. Cet emballage en carton qui tourne et retourne dans mes mains depuis un peu plus de trois heures, ce n'est pas un ustensile sexuel. C'est un souvenir ! Un souvenir...

Tout bien réfléchis, c'est même le seul souvenir qu'elle m'ait laissé. Certains peuvent se raccrocher à des lettres ou à des photos. Moi c'est une capote. C'est pas moi qui suis bizarre à jouer avec ça en public toute une après-midi. C'est elle qui est bizarre de me laisser de tels souvenirs. CQFD.

Mais malgré tout, je suis plutôt confiant. Elle reviendra, c'est sûr. Je me souviens d'une amie qui m'avait expliquée qu'elle laissait toujours, intentionnellement, des objets à elle traîner chez les hommes qu'elle souhaitait revoir. Un bracelet, une pince à cheveux, n'importe quoi. Ça lui donnait une excuse pour revenir. "J'ai oublié une barrette chez toi. Je peux passer ?"

Je pense que mon ex-compagne utilise la même technique. C'est juste que, sous la main, elle n'avait qu'un préservatif. Mais demain, elle me téléphonera, et me dira "J'ai oublié une capote chez toi. Je peux passer ?".

D'un autre côté, je ne suis pas certain à 100% que ce ne soit pas l'un des miens. Mais bon. C'est un XL. Ça dénote un état d'esprit optimiste lors de l'achat. Ouais... C'est forcement un des siens.

C'est peut-être aussi un message, un message d'adieu, qu'elle me laisse : "Je ne suis plus la pour te surveiller, mais surtout, surtout, ne fait jamais d'enfant !"

Je suis peut-être un peu perdu, finalement. Je crois que tout cela m'affecte certainement plus que je ne le pense. Peut-être ai-je besoin d'aide...


"En cas de rupture, contacter le plus rapidement possible Sida Info Service". En cas de rupture... Ouais... Pourquoi pas... Ouais, je crois que je vais faire ça !

mardi 4 septembre 2007

Big Brother...

"[... Votre boisson est en préparation...]"

Hmmm....

"[... Merci de patienter quelques minutes...]"

Bon. Grouille.

"[... Il vous reste - 1 - euro(s)...]"

...

Comment cette machine à café peut-elle être si bien au courant de l'état de mes finances ?!?

mardi 20 mars 2007

Dans l'épisode précédent... !

Depuis quelques jours où je n'ai plus aucun toit, il m'est arrivé tout un tas de choses. La pensée la plus conne qui me soit venue à l'esprit était sûrement « Ou j’ai foutu ces putains de clefs ? ». La plus sensée était peut-être « Je n’obtiendrais probablement aucunes réponses comme ça… ». Mais peu importe, les dés sont jetés. Résumé des épisodes précédents pour ceux qui n’ont pas l’illustre honneur de me connaître : Non pas que je me sentes particulièrement déprimé ces derniers temps. Simplement, je me sens atteint d’une maladie bizarre : je ne ressent absolument plus rien.

Déjà, si je regarde en arrière, force est de constater que je n’ai jamais possédé un affect particulièrement surdimensionné. Mais depuis environ un peu moins d’un an, c’est encore pire. Du coup, je ne suis absolument pas triste ou désespéré, actuellement. Mais je m’ennuie. Profondément. Tous mes actes, que ce soit niveau professionnel, personnel, ou dans le domaine des loisirs, sont devenus de simples automatismes. Quand je dis « tous », c’est vraiment tous. Dans quatre-vingt pourcents des cas, je ris parce que je sais que ça doit être drôle. Je mange quand je déduis que, quand même, ça fait deux jours, je devrais peut-être avaler quelque chose. Je baise quand il me semble qu’il serait incorrect de refuser de baiser. Les seuls désirs que j’ai ressentis ces derniers mois sont ceux qui sont liés à mes dépendances envers l’alcool, la caféine, le tabac. J’exagère, dans la mesure ou il y a des exceptions. Mais c’est le cas durant quatre-vingt ou quatre-vingt dix pourcents du temps.

Du coup (cher Journal), quand je me suis retrouvé financièrement dans la merde, ça ne m’a pas atteint le moins du monde, et donc, je n’ai absolument rien fait pour m’en sortir. Du coup (hou hou hou, cher Journaaaaal !), j’en suis venu à perdre mon taf (enfin ça, c’est une autre histoire) et mon logement. Mais ça non plus, ça ne m’a pas atteint plus que ça, et pour résumer, je me suis dit quelque chose du genre : « Laisse toi tomber le plus bas possible, en refusant toute aide de tes connaissances. Tu verras bien, comme ça, si à un moment donné, tu ressentiras ou non un déclic. Tu verras si te laisser crever te laisse de marbre, et dans ce cas la, pourquoi pas, ou bien si un instinct de survie ou quelque chose te permettras de te soigner, te donneras envie de t’en tirer, et dans ce cas la, on avisera. »

Voila, donc, ou j’en suis actuellement, et sache, t’chayr d’journalzz, que l’internet gratuit parisien n’ayant aucun secret pour moi, je te tiendrais le plus régulièrement possible informé de l’avancement de la situation. Pour le moment, rien de nouveau, à part des anecdotes et des rencontres plus ou moins amusantes, et encore plus de courbatures que d’habitude. Mais je te raconterai tout ça une prochaine fois. Pour le moment, je suis dans un cybercafé ouvert 24/24, et une vieille assise pas loin me cause de culture pop et d’art contemporain. Je vais tenter de négocier un apéro. Si elle en veut à mon sexe, je vous souhaite une soirée moins glauque que la mienne. Sinon, tchin’, et à bientôt !

mardi 13 mars 2007

Mon voisin du dessus.

Pour continuer sur une note plus positive, je vais vous parler de mon voisin du dessus.

Bon. J'le connais pas. Mais il a l'air cool. Vraiment. Le problème, le con, c'est que :

1/ il s'est marié.
2/ il a copulé.

L'idiot.

Les bonnes âmes me diront : "ça peut arriver aux meilleurs d'entre nous". Ok. Mais qu'on me le présente alors, le meilleur d'entre nous, celui qui est marié et père de famille. Perso j'en connais pas. De toute façon, si l'homme que j'admire le plus au monde se mettait à devenir gaga d'une espèce d'alien rosatre qui pisse et qui chiale, il perdrait définitivement toute crédibilité à mes yeux.

Non franchement, c'est horrible. C'est comme le coup du "beau" bébé. Putain de merde, présentez moi un seul nouveau né qui soit "beau". Non, vraiment, un nouveau né, c'est moche. Glauque et moche. Des fois, passé un mois ou deux, ça deviens limite mignon. Mais à la naissance, vraiment, ce truc, c'est diforme et crade. Souvent, c'est pas compliqué, tu coupes la chose en deux parties égales : ça te donne le corps d'un côté, la tête de l'autre. Merde ça fait peur, franchement. Imaginez un monde peuplé de gens dont la tête est aussi haute que le reste du corps... C'est flippant ! Moi quand j'vois un bébé, un nouveau né, un truc qui a moins d'un mois, j'ai envie de l'écraser du pied. Pas par méchanceté ou par sadisme, non, mais pour me protéger, on sais jamais, un peu comme quand on croise une araignée d'une taille assez conséquente : On a pas vraiment la trouille, ça doit pas faire super mal, mais quand même, on se sent pas trop de laisser un truc pareil vagabonder tranquillement dans la pièce où on dort... Dans ces cas là, désolé Mère Nature, mais l'araignée se prend généralement un coup de chaussure pointure quarante et quelques. Un bébé, ça me fait le même effet.

Et puis, un bébé, c'est dangereux. Si. On va encore me traiter de parano. Faites donc ! Mais je sais ce que j'ai vu ! Un bébé, ça rend con. Je pense que ça a pas de cervelle à la naissance, ou très peu, et du coup, ça suce et ça avale la cervelle de son entourage. Oh, ça suffit, me traitez pas de dingue, je l'ai vu !! J'ai vu des gens super intelligents devenir complètement débiles après avoir passé deux heures en compagnie d'un chiard.

Une heure avant, le mec te sors une conférence scientifique incompréhensible à chaque fois qu'il t'adresse la parole. Une heure après, il sait même plus faire une phrase en bon français, il parle plus qu'avec des "ET QU IL EST MIGNON LE BEBE !! OUIIIII ! LUI PAPA ! ELLE MAMAN ! OUI ! TOI MIGNON RHOOOO IL EST GENTIL LE BEBE !!!". On peut me traiter de fou, de paranoïaque, de malade mental, je m'en contrefiche. Je considère ça comme une preuve. Quand un universitaire de bac + 8 remplace tous ses mots de sept syllabes par des "GOUZI GOUZI", pour moi, c'est louche. Parfaitement...

Bref, donc, moi perso, les bébés, je m'en méfie. Déjà que l'alcool me détruit la quasi-totalité de mes neuronnes. J'voudrais pas qu'un monstre portant des couches pampers me prive du reste. Alors les gosses, je reste à distance. On sais jamais bordel. CIA ou FBI ou autre, je m'en fout, mais je préfère rester à l'écart de cette sombre conspiration.

Tout ça pour en revenir à mon voisin du dessus. Je le connaissais pas avant d'emménager, bien sûr. Mais quand même. Je suis certain qu'avant, c'était un homme normal. Voir même intelligent. Et pour cause : quand il est seul, son regard ne trompe pas. Il est profond, vif, rapide, son visage affiche des expressions réfléchies, mûres, voire même malignes.

Non, j'en suis persuadé. Ce mec était un bon. Avant.

J'me sent un peu solidaire de lui. Moi, l'alcool et l'autodestruction m'ont tués. Lui, c'est le mariage et la reproduction. Bon dieu, je préfère ma place à la sienne, c'est pour dire à quel point je compatie.

La première fois que je l'ai rencontré, c'était le jour même de mon déménagement. Il nous as croisé dans l'escalier, nous a poliment dit bonjour, et nous a "proposé" de nous aider à déménager. Je met des guillemets à "proposé", parce que bon, la proposition n'éxistait que pour la forme. En réalité, il ne nous a pas laissé le choix. Il nous aidait à déménager, point barre. Je me demande si c'est pas lui qui, de tous les gens présents, à fait la plus grande partie du travail. C'est pour dire.

Tout ça finit, j'aurai voulu le remercier, lui demander son nom, l'inviter à boire un verre. Malheureusement, j'eut juste le temps de prononcer le "mer" du merci qu'il avait déjà disparu.

Oh, bien sûr, je ne l'aurais pas laissé partir comme ça si j'avais su à l'époque qu'il était en danger. Mais je n'en savais rien, pour moi il était juste pressé de rentrer chez lui...

Maintenant, je sais. Ce grand homme, ce héros, est marié. Maintenant, je sais que passé un déménagement harrassant, il a probablement due résister aux assauts incessants de sa femme exigeant des explications sur son retard. Je croyais, aveugle que j'étais, qu'il était monté chez lui et avait allumé la télé, s'était ouvert une bière bien fraiche, ou que sais-je encore. Non. Il est monté. Il a ouvert la porte. Et il s'est fait engueuler. Car il est, mon Dieu, j'en frémis rien que de taper ce mot, marié...

Quel courage. Quel dévouement envers des voisins qu'il ne connait même pas. Quel héroïsme, n'ayons pas peur des mots, c'est bel et bien celui qui convient ici. Il savait, bien entendu, que sa soirée entière serait foutu en l'air s'il passait son temps à nous aider. Et pourtant, il n'as pas hésité une seconde. J'en ai les larmes aux yeux rien que d'y repenser.

Aujourd'hui, maintenant que mes yeux se sont ouverts, maintenant que j'ai conscience de ce qui se passe, je voudrais l'aider, lui rendre la monnaie de sa pièce. Assassiner la femelle qui le martyrise, lui rendre sa liberté, sa fierté, son humanité, son libre-arbitre.

Mais j'ose pas, c'est que bon, la bougresse fait trois fois mon poid et quatre fois ma circonférence. Un jour je l'ai croisé dans l'escalier. Je me suis collé le plus possible sur le côté, priant les dieux qu'elle ne m'écrase pas en passant. Elle m'a fixé durement, et m'as dit "bonjour", sur un ton qui voulait dire "je vais te tuer si tu ne disparais pas de MON escalier !'. J'ai répondu "bonjour", avec une intonation tremblante signifiant "pardon ma grosse, la prochaine fois j'escaladerai la façade, promis". Ma bonne étoile veillant sur moi, l'histoire n'a pas dégénérée et j'ai survécu entiers à cette mésaventure digne des romans de Lovecraft.

Mais en vérité, ami lecteur/trice, je ne suis pas si lâche. De toute façon, en ce moment, j'ai pas grand chose à perdre. Alors c'est pas cette truie qui me fout la trouille. Non.

Mais il y a pire.

Il y a lui. Le gosse...

Comment avait-elle contraint son homme de copuler, je n'en ai aucune idée. Rien que techniquement, déjà, j'ai du mal à concevoir comment c'est possible.

Pourtant, il était la.

J'ai cru d'abord que c'était une hallucination. J'avais déjà vu le diable, j'avais déjà vu toute une rame de métro avec des gens aux visages identiques. C'était surement une hallucination, elle était juste un peu plus invraissemblable et un peu plus bruyante que les précédentes. Du moins c'est ce que j'avais cru, au début. Mais non. Les autres aussi l'entendaient, le voyaient. Cette chose était réelle.

Aussitôt j'ai envoyé un courrier à Sciences et Vie, visant le prix Nobel de biologie. Bizarrement, je n'ai eu aucune réponse, ils ont dû croire à un canular. Au placard, ma thèse sur l'homo gerbitus. Pourtant, cette forme de vie existait, j'avais plusieurs témoins.

Je me souviens encore du moment ou j'ai prit conscience de l'existence de quelque chose de malsain chez le voisin du dessus. Nous étions installés, ma colloc' et moi, depuis la veille. C'était la fin de l'après-midi. On prenait doucement nos marques dans ce nouveau logement, on devait être en train de bouquiner ou je ne sais quoi, lorsque tout d'un coup, un énorme coup de tonnerre gronda.

On s'est regardé, surpris, interloqués. Il avait fait plutôt beau cette journée. Le soleil venait de se coucher doucement, il faisait un peu frais, mais pas humide. Cet orage était bien soudain. Et surtout terriblement proche. "Heu" demandais-je, vaguement inquiet. "Ils ont prévus une tempête, à la météo ?". Elle me regarda comme le dernier des attardés et me fit comprendre que ce n'était pas son genre de suivre régulièrement ce type d'émissions débiles à la télévision.

Et BOUM. Le bruit recommençait. Mais pas seulement le bruit. L'immeuble tremblait. Tremblement de terre ? Armée de tractopèles ? Colère divine ? Apocalypse ? Je n'en savais rien, mais ce qui devenait certain en tendant l'oreille, c'est que ça venait du dessus. En gros, si c'était l'apocalypse, et ça me semblait fort probable, Dieu habitait au cinquième.

Les jours passaient et les tremblements continuaient, à heures fixes, tous les matins et tous les soirs. Je réflechissais au problème, échaffaudant des hypothèses pour comprendre cet épiphénomène (je ne connais pas la définition du mot épiphènomène, mais je trouve que ça fait stylé, la !).

Si Dieu habitait au cinquième, est-ce que ça voulait dire que Dieu m'avait aidé à déménager ? Tout ça devenait de plus en plus confus, de plus en plus brouillé, et mon apréhension augmentait en même temps que mon incompréhension.

Quelques jours plus tard, la réponse me fut donné par ma jeune et belle collocataire (encore elle, mais si, souvenez vous, celle qui regarde pas la météo). Je venais de rentrer du boulot, quand quelques minutes plus tard, le bruit recommençait, les murs tremblaient, les fondations de l'immeuble luttaient pour leurs survies. Paniqué, je commençais à me ronger les ongles de pieds (je fais toujours ça quand je me sens nerveux ! Et alors ?!?), lorsque ma colloc lança : "putain de merde de sale gosse de PUTEPUTEPUTE ! Demain je monte et je tape un scandale !"

Bien entendu, je comprenais encore moins la situation qu'auparavant. Quoi ? Dieu était un gosse ?? Il m'avais semblé plus agé pendant le déménagement ! Mais ma colloc m'expliqua que Dieu n'avait rien à voir la dedans, et que cet épiphénomène (ben quoi ?!?) était causé par l'enfant du voisin du dessus qui n'arretait pas de courir en tapant des pieds, des heures durant, sans s'arreter.

Au début, je l'ai pas cru. Un gosse ? Et puis quoi encore. Et il chausse du combien, couillonne, ton gosse, pour faire trembler un immeuble, du cinquante-douze ?

Mais en fait si. Elle avait raison. Elle était monté faire un scandale le matin suivant, et sa théorie s'était avérée juste. Ce qui terrifiait tous les habitants du quartier, ce n'était pas le croquemitaine. C'était Jérémy, 4 ans et demi. Quand ma colloc était montée pour demander qu'est ce que c'était que ce putain de bordel de merde tous les matins et tous les soirs s'il vous plait salope de pute, la femme de mon voisin avait répondu, térrorisée, que ce n'était pas elle. Genre, compulsivement, "c'est pas moi, c'est pas moi, je vous en supplie, c'est pas moi".

Je sais pas si elle avait peur de ma colloc, ou si elle avait peur de son "fils". En tout cas, nous, on s'en doutait bien, que c'était pas elle qui courait en tapant des pieds tous les soirs. Mais bon.

Mon voisin, cet homme bon, cet homme simple, avait un ... Je deteste ce mot... un enfant... Etait il maudit pour des crimes commis dans une vie antérieure ? Ou était-ce à cause d'un épiphénomène (quoi merde, j dit c'que j'veux !) genre effet papillon, un samouraï avait pété au Japon, et du coup le courant d'air tout ça, bref, je vais pas vous expliquer l'effet papillon.

Mais c'était vraiment injuste, le pauvre. La fois suivante ou je l'ai croisé en bas de chez moi, du coup, je lui ai tapotté l'épaule, et je l'ai pris dans mes bras, répétant "courage, courage, tu vas t'en sortir". Oh, en pleine rue, il faisait semblant de ne pas savoir de quoi je parlais. Mais je sais bien qu'au fond, il avait compris. Il avait juste trop de pudeur pour avouer publiquement, comme ça, devant la pizzeria du coin, qu'il avait un marmot. Comme je le comprend...

J'aurai aimé rester assez longtemps dans ce logement pour réussir à le pousser à briser ce tabou. Je sentais bien qu'il avait besoin de se livrer, le bougre. C'est pas compliqué, on aurait dit qu'il se prenait six mois dans la tronche à chaque marche qu'il montait dans l'escalier. Quel triste spectacle. Surtout que c'est difficile de s'en sortir. Vous saviez, vous, qu'il est interdit de s'en débarrasser ? Vous saviez, vous, qu'on peut pas foutre son môme en vente sut ebay ? Vous saviez que troquer un bébé contre un paquet de clopes, c'est illégal ? (faut dire, v'la l'arnaque...). Non, il était bloqué, il ne pouvait rien faire. Il devait accepter de vivre dans la souffrance et la terreur.

Alors il portait sa croix, stoïque, courageux, humble et serein devant la difficulté. Quel grand homme, au risque de me repeter.

Bref, avant de quitter ce logement, je voulais lui rendre hommage. C'est maintenant chose faite. Anonyme voisin du dessus, tu n'auras jamais de médaille, mais tu resteras pour moi le plus noble des anciens combattants.

Hier...

Hier, j'ai dormi.

Vraiment.

Dormi.

Sans dec'. Moi. Ouais ouais. Ca peut paraitre incroyable, du moins pour ceux qui me connaissent, mais c'est la sctricte vérité. Hier j'ai dormi.

Vers 7 ou 8H du mat' j'ai pris ma douche. Puis j'suis allé me balader avec une amie. Puis vers 11h30 / midi (j'ai déjà oublié...), j'me suis couché.

Et la, miracle. J'ai fermé les yeux. Et puis plus rien.

J'ai dormi.

J'ai compté. J'ai dormi un peu plus de 28H.

Je me suis reveillé plusieurs fois. Mais j'ai pas bougé. Chaque fois, une fois les yeux ouverts, je me forçait à les refermer. Et miracle (bis)(ter)(etc etc), je me rendormais.

Et puis, une fois que je me suis dit que ça devait faire vachement longtemps que je pionçait, je me suis forcé à garder les yeux ouverts. Puis à faire un mouvement. Puis à me lever. Sans savoir quoi faire. Sans savoir comment tromper l'ennui.

Tout ça pour me dire que, non pas que ce soit une grande surprise, mais bon. Je n'avais pas d'autre ambition dans la vie que de rester endormi comme ça, des heures et des heures. Si demain je gagnai au loto des milliards d'euros, je m'acheterai un appart', un putain de plumard enorme, la couette la plus chère au monde, et je pioncerai.

Je sais, ça fait putain d'ado goth attardé. Mais bon, rien à foutre, c'est comme ça, c'est juste un simple fait. J'ai aucun autre désir dans la vie que de dormir, et dormir, et dormir, indéfiniment.

Je ne sors plus, parce que je n'arrive plus à donner le change, je n'arrive plus à faire croire que je suis un déconneur, que je m'amuse, que ma vie est un éclat de rire permanent. Je n'arrive plus à faire semblant.

Cette fois je ne transigerai pas. Cette fois je pousserai l'autodestruction jusqu'à l'extrème limite. J'ai besoin de ça, j'ai besoin de ça pour savoir si j'ai encore envie de vivre. Dans moins d'un mois, je pioncerai dehors. Dans moins d'un mois, je n'aurai plus une seule possession matérielle. Et le meilleure la dedans, c'est que j'en ai rien à foutre. J'ai besoin de tomber le plus bas possible, pour savoir si j'ai envie de me relever... Ou non.

Encore une fois, des gens semblent m'aimer, encore une fois, des gens veulent m'aider. "Viens vivre à la maison", une fois, deux fois, trois fois. Mais pas cette fois. Cette fois je ne garde rien. Cette fois je n'irai pas chez quelqu'un d'autre. Cette fois je ne m'inscrirais pas aux assedic, je n'enverrais pas de CV aux employeurs, je ne chercherais pas un nouveau logement. Non, cette fois je tomberais le plus bas possible et je me laisserais crever lentement.

Si envie de vivre il y a, alors je saurais m'en sortir. J'ai les capacités pour. J'en suis plus que persuadé. Même au fond du caniveau, si je veux quelque chose, je l'obtiendrais. Les rares fois ou j'ai voulu, j'ai eu. Sans exception. Tout ce que je veux, c'est savoir si cette envie existe ailleurs... que dans le discours de mes proches.

Bientôt je saurais.

Bientôt je revivrais. Peut-être.

Bientôt...

samedi 24 février 2007

Le sexe...

C'est MAL !!!!

(Ou pas...)

Mais mettre SEXE dans un (foufoune) article, ça (seins) permet d'avoir (fellation) plein de (sodomie) lecteurs ! TA CHATTE TA CHATTE TA CHATTE !

cul bite poil néné tétons zizi coincoin (heu..)

jeudi 15 février 2007

Ce titre est un titre pourri.

[…] Vous les connaissez, vous aussi ? Ces insomnies mesquines et fourbes, celles qui frappent sans crier gare ? Vous savez ? Non, pas celles qui tentent de vous foutre KO en tenant la distance, en jouant la montre, pas celles auxquelles on s'attend, qui s'étalent sur de longues périodes ? Non, celles qui vous prennent par surprise, celles qui attendent, quelque part dans l'ombre, peut être sous votre lit ou dans votre placard, réminiscences de vos peurs enfantines, celles qui profitent de la moindre de vos faiblesses, de chacune de vos défaillances, pour vous mordre un grand coup ? Vous les avez déjà côtoyé, non ? Celles qui peuvent attendre toute une vie, au besoin, pourvue qu'elles soient sûres de passer à l'offensive au moment opportun, pourvue qu'elles soient sûres de vous terrasser sans aucune pitié, lorsqu'elles enfonceront leurs ongles longs et sales au plus profond de votre crâne ?

Elles vous ont déjà prises au dépourvu, à vous aussi, j'en suis certain. Vous vous couchez, comme d'hab, salle journée, mais bon… Comme d'hab… Au moins, elle est terminée, vous allez pouvoir récupérer, un peu, vous disposez d'un court sursis avant la reprise des hostilités.

Quelques dizaines de minutes passent, votre esprit est loin d'être entré en veille, quelque chose cloche, sûrement la mauvaise position. C'est pourtant celle de d'habitude, vous en avez du moins l'impression. Mais la, à la longue, vous la trouvez dérangeante, inconfortable. Sur le côté, peut être. Sur le côté on est bien. La position qu'on avait dans le ventre de sa mère…

Vous changez de côté, donc, c'est tout de suite mieux. C'est tout de suite mieux, sauf que le sommeil ne vient pas. Vous commencez à vous balancer doucement, à vous bercer, et les minutes passent, toujours rien, toujours cette légère impression désagréable qui revient. Vous changez de position, encore. Deux fois. Trois fois. Puis vous entendez du bruit. Des bruits. Chaque petit son auquel vous ne prêtez pas attention, d'habitude, semble doté cette nuit d'une amplitude extrême, d'une force presque surnaturelle. Un tic-tac incessant, un plancher qui grince, une voiture qui passe, un robinet qui goutte… Le temps passe, l'agacement vient, vous tournez et retournez encore, sur le dos, sur le ventre, les mains sous l'oreiller, puis les bras le long du corps, et soupir rageur, et merde j'arrive pas à dormir, et les minutes qui s'enchaînent, mais combien, hein ? Combien, de minutes ?

Vous décidez de regarder l'heure. Grave erreur, vous le savez. Toutes les dix minutes, maintenant, vous jetterez un coup d'œil sur votre réveil. Enfin… Trop tard, c'est fait… Déjà deux heures que vous êtes couché. Deux heures… L'agacement montre d'un cran. Vous vous remettez sur le ventre et coincez votre tête sur l'oreiller, pour être sur de ne pas avoir le réveil dans votre angle de vue si par hasard vous ouvriez malencontreusement les yeux. Vous serrez l'oreiller aussi fort qu'un enfant terrifié serrerait sa peluche fétiche. Puis, n'y tenant plus, vous regardez l'heure, encore, pour constater que seules dix petites minutes sont passées. Vous étiez certain, pourtant, qu'il s'était écoulé au moins une demi heure. Minimum. Mais le temps, par pure cruauté, semble décidé à s'écouler désespérément lentement. Il vous nargue. Vous susurre « Alors ? On ne dort pas ? ». Il se moque. Chaque clignotement des deux-points sur l'horloge digitale vous transperce le ventre comme autant de sourire narquois qu'on vous adresserait avec malveillance. Chaque minute qui s'égraine vous glace l'échine comme autant d'éclats de rire brutaux et antipathiques.

Vous tentez de vous vider l'esprit, de ne penser à rien, vous vous demandez fugitivement si ça marche, le truc des moutons, vous vous retournez encore et encore, puis vous commencez à sentir des élancements vous picoter désagréablement les jambes. La fatigue s'abat littéralement sur vous, la fatigue physique, éreintante, la fatigue synonyme de douleurs au dos, aux muscles, au cou, la fatigue synonyme de crampes et de souffrances. Vous êtes crevé, vraiment crevé, lessivé même. Mais pourtant… Vous vous balancez de plus en plus vite, compulsivement, ressemblant plus, dorénavant, à un autiste en crise qu'à quelqu'un qui essaye de se bercer avec délicatesse.

Vos jambes ne vous piquent plus, maintenant. Elles vous grattent. Doucement d'abord. Puis atrocement. Du coup, vous vous grattez. Doucement d'abord. Puis atrocement.

N'y tenant plus, vous vous levez d'un bond et allumez la lumière, nerveux, tremblant. Vous avez froid. Vous passez un pull et décidez de capituler. Vous vous dirigez vers la cuisine, avalez un grand verre d'eau, retournez dans votre chambre et décidez de bouquiner un peu. Vous dormirez peut être mieux, après. Sûrement. Hein, sûrement ? Oui, ça va passer, ça doit passer.

Impossible de lire, pourtant. De vous concentrer. Les lettres se brouillent. Votre esprit s'embrume. Comme si votre cerveau était sur OFF. Sans pour autant réussir à trouver le sommeil. Vous frissonnez encore, malgré le pull supplémentaire. Vous vous réinstallez sous la couette, le cycle infernal recommence, comme si vous viviez une rediffusion du début de la nuit. En pire. Et en accéléré. Peut être que si je me cognais la tête contre le mur… ? Si j'avalais une boite pleine de somnifères ? Ou si je me découpais le haut du crâne pour pratiquer une auto-lobotomie artisanale ? Rapide regard vers le réveil et son air satisfait et provocateur : dans une heure, vous vous levez. Normalement…

Vous vous assoupissez finalement, pour être réveillé en sursaut par ce réveil -- encore lui -- qui vous hurle son agressivité et sa haine aux oreilles. Vous émergez, hagard, en nage, des images angoissantes, résurgences de vos cauchemars, encore imprimées aux coins de vos rétines. Prêt pour vivre une parfaite journée de zombi, au cerveau atrophié et ralenti.

Vous êtes déjà passé par la. Au moins une fois. Et pour moi, cette nuit, c'était une de ces nuits. […]