dimanche 30 décembre 2007

Appel à témoins contributions.

Chers amis lecteurs,

Comme vous l'avez remarqué avec la remarquable perspicacité qui vous caractérise, il y a quelque temps, j'ai commencé ce qui devait être une longue série de billets sur la problématique du "comment devenir un geek respectable".

Cette série bien prometteuse, je vous le rappelle, est ouverte à tous les professionnels de la question (ils sont nombreux, je n'en doute pas) qui voudraient y participer et ainsi inonder de joie et de savoir les lecteurs en demande, qui sont nombreux aussi, à en croire les 47 mails que je reçoit chaque jour.

Pour mémoire, les précédents articles se trouvent ici, la, et enfin la. Et la question en suspend, qui ne m'inspire pas du tout et c'est pour ça que je m'adresse à vous, est : "Est-ce qu'on peut arriver à faire du cul grâce à Wikipédia ?"

Bref, cher lecteur, si tu es toi même blonde à forte poitrine bloggueur et geek, n'hésites pas à écrire ce billet et ainsi, à inonder de connaissances tes lecteurs avides de savoir, sans oublier de poser une nouvelle question en fin d'article pour le prochain auteur, bien sûr.

Sur ce, bon réveillon à tous et à toutes, et à moi par la même occasion, tiens. Et joyeuses Paques.

mercredi 26 décembre 2007

vendredi 21 décembre 2007

D'

Retour à Bordeaux un peu brusque après ce séjour à Paris. Dur de revenir. Ambiance Noël en famille, achats de cadeaux, trou conséquent dans le budget "alcool".

Les familles recomposées, c'est deux fois plus de cadeaux à faire, je vais devoir attendre janvier pour payer les cadeaux de "l'autre côté".

Pendant ce temps, je me pose des questions existentielles. Je sais ce que je fuis à Paris, mais pour trouver quoi ? Je me retrouve propulsé dans le monde de la "normalité", côté "bourgeois" de la chose, en plus. Ici, pas de choix ou de libertés, il y a une voie à suivre, celle de la normalité, les choses sont simples, il faut faire "ça, ça, et ça". C'est comme ça qu'on fait.

Sauf que "ça", je l'ai en horreur. Pire encore, le fait qu'on décide à ma place de mon "avenir" m'oblige à me poser la question de savoir ce que moi, je voudrais, éventuellement, pour celui-ci. Sans aucune réponse, bien sûr, moi je ne sais rien, je sais juste ce que je ne veux plus. Mais pour faire quoi ?

Je pense à Paris, je sais ce que je fuis, je sais ce qui me manque. Rien ne changera si je retourne la bas, et rien ne me semble possible ici. Reste la possibilité de tout abandonner à nouveau, un "grand rien". Après les fêtes, pourquoi pas. Respecter les sacro-saintes obligations familiales, claquer ma thune pour vivre quelques moments agréables, et arrêter, vraiment, cette fois. Je n'en sais rien.


Vivement la fin des fêtes, vivement la fin...

mardi 11 décembre 2007

« Ce dont tu as besoin, c'est d'un "Toi"... » (Ch. 3)

D’aucun disent que le mariage est le plus beau jour de leur vie. Personnellement, je trouvais ça très long, j’avais trop bu, et je trouvais que c’était beaucoup de choses à endurer (la belle famille, les discours stupides, les danses ridicules…) juste pour s’intégrer au mieux dans la vie. Madame-Oui m’avait extrêmement vexé en répondant « oui » une fois encore à la question « tu t’ennuies autant que moi ? », et j’étais d’humeur particulièrement maussade, observant d’un mauvais œil la foule d’invités inconnus qui ne voulait pas se décider à partir.

J’imaginais de façon de plus en plus glauque le déroulement de la nuit de noce qui approchait d’heure en heure, me resservant un whisky sec, lorsque je remarquai que Dean m’observait fixement.

Je pensais des banalités comme « qui c’est » et « qu’est ce qu’il me veut ? » avant de faire l’erreur fatale de plonger mes yeux dans les siens. Je fus paralysé. Combien de fois, par la suite, me suis-je dit « ne le regarde pas, ne le regarde surtout pas » avant de me jeter, vaincu, dans ses yeux de toute mon âme…

Cet échange silencieux dura de longues secondes. Puis il me sourit, et s’approcha doucement de moi. « Je ne sais pas pourquoi tu te marries, mon jeune ami, mais je t’observe depuis un bon nombre de minutes, et j’en ai déduis que, de toute façon, tu devais te marier. » Il parlait comme ça, Dean. « Comment ça ? » demandais-je faiblement, groggy par son regard et l’éprouvante journée. « Ah, que le diable m’emporte si je le sais, je n’en sais rien encore. Mais ton destin te commandait de te marier, et nous découvrirons bien pourquoi ! La vie est parsemée tantôt d’épreuves, tantôt d’étapes, et le mariage, pour toi, je le ressens, devait être une étape obligatoire ! »

« Sûrement… » Acquiesçais-je, car j’avais quelque chose d’un « Monsieur-Oui », moi aussi… « Une étape, te dis-je. Quoi que rien ne t’oblige à en faire une épreuve ! »

Moi, personnellement, je n’avais jamais considéré le mariage comme une épreuve, si ce n’est celle, bien agaçante, du jour J. En dehors de ça, la vie de couple avec Marie-Claire me donnait entière satisfaction, et je m’étais jusque là plutôt considéré comme gagnant au change. C’est pour cela que je me contentais de répondre : « Oh, ça ne risque pas, je suis parfaitement heureux en ménage ! »

Dean eut un éclat de rire ravageur, le genre de rire puissant, bruyant, parfaitement déplacé ici, et pourtant touchant de sincérité, à tel point qu’il se révéla communicatif, sans que je ne comprenne réellement pourquoi. Cela me fit un bien terrible, d’ailleurs, de me laisser aller ainsi, et je me sentis soudainement fort détendu, bien qu’à moitié vexé du fait qu’il ait pu – que nous ayons pu – nous esclaffer ainsi de ma situation matrimoniale.

« Quoi… ? » demandais-je, souriant, incapable de développer plus avant la chose. « Rien, mon ami, rien, mais la vie est ainsi faite, les ménages sont tous heureux, avant le mariage, c’est une loi naturelle ! C’est après, ah ah, c’est après que les choses se compliquent, en règle générale ! »

Je le trouvais bizarre, mais sympathique, attirant. A ma grande surprise, je me vis lui répondre avec une franchise qui ne m’était pas familière : « Oh, pas de danger, je n’ai pas épousé une mégère en puissance, loin de la… Elle a autant de personnalité qu’un poisson rouge sous anti-dépresseurs ! »

Il rit à nouveau, savourant ma répartie comme si c’était le bon mot le plus subtil qu’il ait jamais entendu de son existence. Je m’en sentais confusément flatté. Puis son hilarité cessa brusquement, et il me souffla, d’une voix suintante de nostalgie : « Tu tournes le dos à ton destin… »

Le silence s’installa quelques minutes. C’était probablement une phrase un peu stupide, ridicule et vide de sens. Pourtant, sous l’effet de l’alcool, de la fatigue, et de son étonnant charisme, je la méditais sombrement, la tournais et retournais dans ma tête, avec le plus grand sérieux, une impression douloureuse de faiblesse, de honte et de résignation me collant au cœur.

« Je voudrais te faire une proposition, Pete. Pete, c’est bien ça ? » me demanda-t-il tout d’un coup. « Moi, c’est Dean. »

« C’est comme ça que m’appellent mes amis, oui… » lui confirmais-je.

« Alors ce sera Pete. Je voudrais te faire une proposition… » répéta-t-il. J’attendais la suite, sans rien dire, l’anxiété au creux du ventre.

« Je pars bientôt pour un "trip" dans toute l’Europe. Barcelone. Bruxelles. Amsterdam. Partout, je ne sais pas encore dans quel sens. Peut-être en train. Peut-être en stop. J’aimerais, oui, j’aimerais fortement que tu m’accompagnes. En tout bien tout honneur, bien entendu, juste pour que tu vois. La vie. Ce qu’elle peut être. La diversité, des gens, des paysages. Oh, je connais par avance ta réponse. Mais… »

Et c’est la qu’il me fixa à nouveau, yeux dans les yeux, poignardant sans scrupules mon âme déjà bien affaiblie. « … Mais, et c’est écrit en gras dans les tablettes antiques de ta destinée » conclut-il sans cesser de me fixer, « tu ne te contenteras pas longtemps de l’enfermement dans une cage dorée. »

Il disparut comme il était apparu. « Dean » m’avait-il dit. Dean… Des jours durant, la métaphore de la cage dorée n’eut de cesse d’obséder mon esprit, tout comme la vision de la flamme étrange qui animait son regard. Le souvenir de Dean restait gravé en moi, sorte de persistance rétinienne impossible à ignorer.

Puis, le temps aidant, cela passa, pour tomber petit à petit dans les profondeurs de l’oubli. La vie, la routine, et la certitude triste de ne jamais le revoir. J’oubliais… Mais en surface, en surface seulement.

Et un jour, contre toute attente, Dean ré-apparut.

« Ce dont tu as besoin, c'est d'un "Toi"... » (Ch. 2)

Dean est une personne bien malaisée à décrire. Dean était fou, oui. Sûrement. Mais avant tout, Dean était vivant. Il était l’incarnation de la vie, de la vivacité, de l’énergie.

Aucun regard n’était aussi fort, aussi puissant, aussi pénétrant que le sien. Je l’ai vu séduire ses féminines proies en les regardant, sans un seul mot. Il les scrutait, puis quelques heures plus tard, s’approchait d’elles et disait : « On y va ? ». Et ils y allaient, quelques heures de plaisir pour lui, une marque à vie, souvent, voire une blessure, pour elles. Ses yeux étaient magnétiques, emplies d’une lueur presque surnaturelle. Lorsqu’il prenait l’air innocent, ils faisaient de lui l’homme le plus candide au monde. Lorsqu’il était en colère, ses pupilles semblaient contenir toute la rage de l’humanité dans un puit sans âge. Oui, lorsque Dean fixait quelqu’un, ses désirs étaient des ordres.

Je me souviens d’un jour où nous étions, Dean et moi, poursuivis par quelques représentants zélés des forces de l’ordre. Nous avions croisés, dans notre fuite, une personne qui sortait tout juste de sa voiture. Dean lui avait dit « Bonjour, mon ami. Comment t’appelles-tu ? ». Surpris, l’individu avait néanmoins répondu « Jean-Pierre », tandis que je paniquais en me demandant pourquoi diable Dean ressentait le besoin de discuter, à un moment pareil. Dean avait affirmé : « Et bien, Jean-Pierre, c’est de ton plein gré que tu me donnes les clefs de ton véhicule. », ce à quoi l’autre avait tout naturellement répondu « Pardon ? Non mais ça va pas bien ?!? ». Dean l’avait alors fixé, yeux dans les yeux, pendant une dizaine de secondes, secondes qui furent, d’ailleurs, parmi les plus longues de mon existence. Puis il avait répété : « C’est de ton plein gré que tu me donnes les clefs de ton véhicule ». Sans un mot, l’homme lui céda ses clefs, et partit en titubant sur le trottoir.

Passé quelques mois, ayant repris ses esprits, ledit Jean-Pierre avait porté plainte pour vol de voiture, et Dean fut interpellé à cause des empreintes digitales, déjà bien connues des services de police, retrouvées dans la carcasse de l’automobile qui s’était malencontreusement retrouvée nez à nez avec un platane. Lors du procès, auquel j’assistais puisque l’audience était publique, la même scène s’était déroulée. Dean avait dit, en le fixant : « C’est de son plein gré que ce monsieur m’a donné les clefs de son véhicule », et le pauvre Jean-Pierre avait répété « Oui, c’est de mon plein gré que je les lui ai donné », avant d’abandonner, tout penaud, sa plainte.

C’était ça, Dean. Une force de la nature, des yeux qui vous soumettaient à sa volonté. En dehors de ça, il était brun, plutôt grand et assez mince, plein de gestes brusques et de tics nerveux. Dean était mon antithèse. Le comportement de soumission que j’adoptais avec tout le monde, lui l’obtenait de tout le monde.

Et, bien qu’à ce jour encore, je n’en comprenne absolument pas la raison, Dean, lorsqu’il me rencontra, décida instinctivement de m’adopter…

lundi 10 décembre 2007

« Ce dont tu as besoin, c'est d'un "Toi"... » (Ch. 1)

Dernièrement, je lis beaucoup. Je n’ai pas grand-chose d’autre à faire, ici. Récemment, j’ai lu quelque chose comme : « Je ne suis pas de ceux qui pensent qu’on peut devenir fou en passant une minute à réfléchir à quelque chose. Non. Je suis de ceux qui l’affirment. » J’en suis aussi. Et de même, je ne suis pas de ceux qui pensent qu’on peut devenir fou on côtoyant de trop prêt la démence de quelqu’un d’autre. Non. Je suis de ceux qui, amers, ne le savent que trop bien.

Moi, mon problème dans la vie, si c’est un problème, c’est que je n’ai aucune personnalité. J’ai toujours été un suiveur. Je me suis toujours laissé porter par le flot des évènements. Je n’aime pas être seul, je ne me sens exister qu’au sein d’un groupe. J’ai besoin des références et des valeurs des autres. Je ne pense rien, je pense comme mes amis du moment. Je suis de gauche. Je suis de droite. Ça dépend des personnes à qui je m’identifie, à un moment donné. Je ne suis ni pour, ni contre : je suis d’accord.

En fin de compte, tant que je n’en avais pas vraiment conscience, je vivais tout ça très bien. Je pensais faire preuve d’empathie, je tenais ça pour une qualité. Jusqu’à Dean, en fait. Jusqu’à mon mariage.

Je voyais le mariage comme une formalité. J’étais le seul de mon groupe d’amis, à l’époque, à être encore célibataire, et je ne voulais pas être singulier, différent. En un mot, je désirais ardemment trouver une compagne avec qui passer mon existence, car je pensais que c’était ça la normalité.

J’ai trouvé mon bonheur en la personne de Marie-Claire. C’est simple : Marie-Claire, c’était « Madame-Oui ». Quoi que je lui dise, elle répondait « oui ». Un jour, je lui ai dis : « Tu me plais. Je te plais aussi ? », elle a répondu « oui ». Quelques jours plus tard, nous étions dans le même lit, le mien, où même la, elle a toujours acquiescée à la moindre de mes requêtes. Quelques mois plus tard, tout naturellement, je lui déclarais : « Passe-moi le sel. Tu veux m’épouser ? ». Ce à quoi elle répondit, comme à son habitude, par l’affirmative.

Encore quelques mois plus tard, nous nous marrions. Elle n’avait qu’à dire « oui » une fois de plus, je pense qu’elle connaissait son texte par cœur… C’est lors de cet évènement que je rencontrais Dean. Ni moi ni ma femme ne l’avions jamais vu. À ce jour, je n’ai toujours pas compris comment et pourquoi il s’était retrouvé là.

Oui. C’est ce jour là, probablement, que ma vie bascula…

psychose de Korsakoff (Ch. 5)

Quand Sherlock Holmes se retrouvait bloqué au cours d’une enquête, qu’il ne savait plus par où commencer, vers où orienter ses réflexions ou comment planifier ses prochaines actions, il restait assis pendant des heures, voire des jours, à enfumer son bureau à l’aide de sa pipe, avec la classe typique des britanniques. Moi, je restais juste planté là, béatement, légèrement ahuri, attendant que quelque chose se passe.

Bénie soit la technologie moderne, il se passa bien quelque chose : mon téléphone sonna, m’empêchant ainsi de rester debout pendant des heures, voire des jours, à ne pas enfumer ma chambre sans l’aide de ma pipe, avec la classe typique des losers en fin de carrière. Sherlock, ça l’aurait rendu con, le téléphone portable. Genre : « Allo, Watson ? T’es ou, la ? Dans le subway ?!? Attend, ça coupe… Allo ? Non moi je fumais dans le bureau, en téléchargeant une sonnerie rigolote, une imitation de la Reine, j’te l’enverrais par BlueTooth ! »

Ouais, ça l’aurais rendu con, le portable, à Sherlock. Mais à moi, il m’évitait de sombrer encore un peu plus dans le précipice infini de la médiocrité.

- « Allo ? Djay ? C’est Camille, tu me remets ? Tu vas bien ? »

Je déteste qu’on m’appelle Djay, c’est Camille, je la remets, et tout va mal. En l’an deux mille, dans l’ère de la communication, on traduit ça par : « Ouais ! T’es ou ? »

Mais je suis un littéraire, moi, alors au mépris de tous les usages, je rajoute : « Je pensais à toi, justement, je me demandais si t’avais résolu ton problème de… » (Mince, de quoi, déjà ?) « … De cafards d’élevage, et si t’avais envie d’me voir autant que j’ai envie d’te voir… »

Et comme je suis aussi, actuellement, un détective, un enquêteur, je termine : « Sans dec ! Ça fait combien de temps qu’on s’est pas vu ? »

vendredi 7 décembre 2007

En temps de guerre (prélude aux confessions)

Cher Journal, je ne t’ai rien dit, cachottier que je suis, mais la semaine dernière fut pour moi une semaine riche en émotions. Non, il ne m’est rien arrivé. Je ne t’ai pas menti en te disant que, ces derniers temps, il ne m’arrivait absolument rien, rassures toi, cher Journal. Non. Le genre d’émotions qui te submergent, t’envahissent, te chamboulent, juste comme ça. Pour rien. Tu sais… Les souvenirs.

Je suis si peu habitué à me remémorer les quelques traces que mon esprit conserve du passé que, lorsque des souvenirs enfouis décident subitement de surgir de nul part, je me retrouve comme paralysé, le cœur battant, le corps frissonnant, incapable de réagir. Je ne peux rien faire. Je suis en état de siège, ils m’entourent, frappent de toute part, en même temps, désordonnés et pourtant terriblement efficaces.

Les sons, les images, les odeurs reprennent vie. Les mots qui blessent, les lèvres qui soignent, les yeux qui hurlent « donne moi ton âme », les visages qui cachent « comme tu m’as déçu », tous m’enveloppent dans une vive étreinte, douloureuse et épuisante.

Oui. Les souvenirs sont des traîtres. Ils peuvent attendre, attendre, et attendre encore, tapies dans l’ombre de l’inconscience, guettant le meilleur moment pour me susurrer à l’oreille d’une voix méprisante : « Mais regarde toi… »

La semaine dernière, donc, cher Journal, ça m’est arrivé. J’ai été lâchement pris pour cible par cette vieille chienne capricieuse de Dame Mémoire. C’est que, à deux heures d’intervalle, j’ai par hasard retrouvé la trace de deux personnes qui, à leurs façons, me furent à une époque particulièrement chères. Mon premier amour d’adolescent (sur copaindavant.com) et mon premier Amour avec un grand A (sur facebook). Bien sûr, sur le coup, je ne te cacherais pas que j’en fus fortement ému.

Mais je savais que Dame Mémoire voudrait en profiter pour me noyer sous ses sermons, et je ne comptais pas me laisser faire. Il me fallait contre-attaquer pour éliminer rapidement ce surplus d’émotions totalement déplacé, sinon, Mémoire en profiterait pour libérer son armée de souvenirs fantômes au travers de la brèche…

C’est toujours comme ça. La jeune Émotion part en éclaireur, vicieuse et charmante petite mercenaire, tente de créer une ouverture, de percer mes défenses, et en cas de réussite, son employeur du moment (Dame Mémoire, Prince Souffrance ou Lady Manque, peu importe) en profite pour envoyer ses soldats envahir la ville fortifiée d’Âme & Conscience.

Dans ces cas la, mon preux chevalier Self-Control, malgré sa vaillance et ses neuf vies, se trouve bien démuni, face à la violence de l’attaque. Parfois, certes, le demi-dieu Schizophrénie répond à mes prières et me sauve de l’assaut sauvage de mes oppresseurs. Mais le prix à payer est alors souvent considérable…

Mais je m’égare. Cette fois, je voyais bien que Dame Mémoire voudrait m’envahir, et je décidais donc d’envoyer directement Self-Control pourfendre la belle Émotion, aussi agréable qu’elle put se montrer au premier abord.

A ma grande satisfaction, ce fut une éclatante victoire. Self-Control, aidé par ses fidèles compagnons – Comptine Mnémotechnique et Masturbation Le Barbare – écrasa l’ennemie. Nous étions victorieux. C’est du moins ce que nous pensions…

Car Dame Mémoire est une fine tacticienne. Émotion n’était pas envoyée pour ouvrir une brèche, ni pour infiltrer l’ennemi de l’intérieur. Non. Sa venue n’était qu’une manœuvre de diversion. Et, alors que nous étions encore ivres d’avoir trop fêté la victoire, c’est une armée considérable qui déboula par derrière. Pris par surprise et encore éprouvés par le combat précédent (Masturbation Le Barbare refusa même de prendre part à la mêlée, sous le prétexte fallacieux d’avoir trop mal au bras pour tenir correctement son épée…), il nous fut impossible de nous défendre. Nous étions vaincus.

Il faut dire que Dame Mémoire ne s’était pas contentée d’invoquer les souvenirs fantômes liés aux deux femmes dont je t’ai parlé précédemment, ami Journal. Elle avait aussi fait appel, en renforts, aux spectres de toutes les femmes qui ont croisées ma route. Sans exception. Impossible de stopper ce flot de souvenirs si douloureux. Toute ma vie sentimentale m’est revenue en pleine face, de A jusqu’à Z.

Et Dame Mémoire se moquait, ne cessait de se moquer. Elle riait, sermonnait, ironisait, triomphante, emplie de cette joie malsaine qu’entraîne la domination totale de son adversaire.

Et moi, je ne t’ai rien dit, je t’ai tout caché, à toi Journal, pourtant censé être mon confident officiel. J’ai préféré de poser des « questions d’aspirants geek », et te décrire de la manière la plus absurde possible la figure de la bordelaise. Mais soit indulgent, compagnon. L’assaut fut violent, et mes si belles maîtresses Inspiration et Sincérité n’ont pas été épargnées.

Souviens-toi déjà, le week-end dernier, comme j’ai dû combattre avec acharnement Lady Manque et Lord Ressentiment. La victoire, tu le sais, à bien faillie me glisser entre les doigts, ma compagne et amie de toujours, Patience, échappant de peu à une tentative sournoise d’assassinat…

Oui, ami Journal. Ce sont des heures bien sombres que traverse le royaume d’Âme & Conscience. Je ne peux pas te raconter par quels arrangements j’ai repris possession de mon territoire. La politique, tu sais, et ses nécessaires secrets… Mais depuis, je m’en confesse à toi, car ton oreille attentive m’est presque devenue nécessaire : Depuis, quelque chose me tracasse.

Parfois, pour aggraver les blessures, Dame Mémoire n’hésite pas à me mentir. Elle déguise ses hordes de souvenirs. Elle les travestit. Juste pour m’atteindre plus profondément. Mais cette fois, tout était vrai. Chaque moquerie, chaque remarque acerbe, chaque attaque était justifiée. Vérité, que je courtise depuis toujours, Vérité à qui j’ai toujours tenté d’être fidèle, Vérité m’a trahis et a rejoint l’ennemi. Les séquelles en seront profondes et durables, crois-moi. Toi, au moins, je connais ta loyauté sans faille.

Demain, ou dans les jours qui viennent, je te détaillerais chaque assaut que j’ai subit, lors de cette terrible guerre. Et tu verras à quel point le royaume peut avoir honte de certain de ces méfaits. A quel point certaines pages de notre Histoire sont loin d’être glorieuses. Et tu verras comme, en secret, le royaume a souffert.

Allons, ne prend pas cet air offusqué. Si tu n’es pas au courant, c’est juste parce que tu n’étais pas encore né, à l’époque. Mais pour l’heure, je dois te laisser. Il me faut bien faire acte de présence auprès de la cours, cher Journal. Sinon, le peuple s’inquièterait.

Reste à disposition, toutefois : Ton Roi reviendra très bientôt, et il n’apprécierait point de devoir tolérer une nouvelle fois la compagnie de ce laquais Internal Server Error à la place de la tienne, sache le. Ta fonction est indispensable, mais tu n’es pas irremplaçable, mon ami. Garde cela en mémoire, et sache qu’en dépit de tout, c’est toujours moi qui gouverne, ici…

mardi 4 décembre 2007

Devinette !

Oui. Jouons un peu, hein, après des posts si... Heu... Sérieux, il est temps de passer à quelque chose de plus frivole, léger, puéril. Amusons-nous gaiement, donc. Et comme disait mamie, "youpiyou tralala".

Devinette, donc.

Laissez moi me concentrer, je dois rentrer dans la peau de Julien Lepers... Attention... Oh... Oh oui, OOOOoooOOoooh ça viens, hin, hin, OUI, OUI JE LE SENS L ESPRIT LEPERS OUI ATTENTION..............

Bonsoir.

Ce soir soirée inoubliable. Du suspens et de l'émotion seront au menu de cette évènement exceptionnel. "Question pour un gros con", grande finale super deubeule ouane heugaine heu fore mégagroov' dance2000 Champigny-Les-Oies 2007.

A ma gauche, la challenger, ouh yeah, 97 ans dans deux mois, retraitée ancienne concierge à la Gestapo, spécialiste du terroir connaissant par coeur l'intégrale du JT de Jean-Pierre Pernaud de 1988 à nos jours, j'ai nommé... YvooOOooonne !!

A ma gauche aussi, parce que je suis pas au milieu du plateau, ahah je suis taquin, le champion en titre, ex-CRS au chômage, il connait toutes les races de chiens par cœur, il sait tout sur le tuning et il collectionne les autoradios depuis 1996... Le grand, le costaud, Lucien mesdames et mesdames !!

Vous êtes prêt les amis ? Non ? Et ben c'est pas grave ahah ! "Question pour un champion", l'émission de la franche rigolade. D'ailleurs tiens, Lucien, un calembour avant de commencer ?

"Heu... Melon et Melèche sont dans une maison... ?"

Oui non, ça ira. Alors concentrez-vous, première question, je suis... Je suiiiis... JEUH SUIIIIIS ?!?!? HEIN ALORS ? JE SUIS JE SUIS JE SUIS ?

"François Miterrand ?"

NOOOOON Yvonne, mauvaise réponse ! Lucien ? Une idée ?

"... Hein ? Non."

Ah, dommage, il s'agissait bien évidemment d'une fourchette.

"J'ai pensé un moment à une limace, mais je me suis dit que ça collait pas."

Ah si Lucien, si si, une limace, ça colle ! Ahah, "Question pour un champion", l'émission de la déconnade décontractée ! Bien. Deuxième question. Vous êtes prêts ? Yvonne, ça va ?

"...... heiiiiiiiiiiiiiin ?"

Non je disais, tout va bien ?

"Sans sucre, merci."

D'accord Yvonne. Lucien ?

"J'VAIS LUI PETER SA GUEULE !"

Très bien. Nous pouvons donc continuer, je vous recommande la plus grande concentration car c'est une question difficile...

Je suis de sexe féminin, je suis..

"UNE PUTE !"

Non Lucien, non, mais vous chauffez.. Vous chauffez quand vous dites "pute" ahah ! "Question pour un Champion", l'émission de la camaraderie grivoise ! Je reprend.

Je suis de sexe féminin. Plutôt grande, élancée, habillée de manière chic et couteuse, je suis..

"UNE PUTE !"

Non, Yvonne. Je reprend. De manière chic et couteuse, je suis pressée, sans avoir rien à faire, juste pour montrer à mon entourage que je suis une femme active.

Ma bouche est souvent tordue en un rictus stressé, je m'entraine tous les matins à perfectionner mon regard hautain et méprisant, et j'arrive à prendre un air de dégout rien qu'en frémissant du nez. Je suis toujours bien coiffée, sans un seul cheveux qui dépasse, malgré le vent, les intempéries, les deux enfants et les cochonneries du dimanche soir.

Quand je rencontre une semblable, je soupire toujours longuement en regardant autour de moi après lui avoir fait la bise. Puis je m'assois, de la manière la plus classe possible, car c'est bien pour ça que je m'entraine à m'assoir et à me lever pendant des heures depuis l'age de 12 ans. J'exige d'obtenir l'arbre généalogique de chaque mari potentiel que je rencontre. J'aime le violon. Je ne comprend pas pourquoi les pauvres se reproduisent autant, surtout qu'en général le visage de leurs enfants est à vomir, du moins si j'étais capable de vomir mais moi je ne vomis pas, car ça c'est pour le peuple et les anorexiques.

Je suis... Oh... Hé, Yvonne... Réveil, la ! Who ! PUTE ! REVEIL, YVONNE ! Non mais tu te crois ou, la... On est pas chez Sevran ici ! "Question pour un Champion", l'émission des vieux dynamiques OK ? Du nerf. Alors.... C'est quoi ça... Je reprend. Et toi Lucien, lache ce révolver. Je reprend.

Moi je ne vomis pas, car ça c'est pour le peuple et les anorexiques. Dans la vie, je serais riche, mais je ferais un ou deux ans dans l'humanitaire avant. Car même si je suis supérieure, je suis aussi capable de faire preuve de compassion envers tous ces gens qui ne sont pas vraiment humains.

Un jour, un homme m'as dit des gros mots pendant l'acte sexuel, ça m'as choquée au plus haut point, mais heureusement "j'ai un psy géniââââââl !!!".

Un autre jour, mon marie a voulu faire l'amour comme ça, sans planifier à l'avance, mais je l'ai remis à sa place en le menaçant de divorce, et de tout révéler à ses parents.

Je suis... Je suiiiiis... JE SUIIIIIIIIIIS ?? HEIN HEIN ??

JE SUIS BOURGEOISE ET GUINDEE ? JE SUIIIIIIIIIIIIIIIIIS ?

Oh. Lucien. Hé. Lache Yvonne maintenant. Lache Yvonne, tu vois bien qu'elle veux répondre... Yvonne ? Allez, je suiiiiis ?

"gniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii bweuargh touss tousssss malotru !"

Aaaaah comme c'est dommage, non Yvonne, mais presque.

Lucien ? Une idée ?

"Nan, et j'en ai marre de gagner des dictionnaires ok ? Faut pas trop s'fouttre de ma gueule, tête de bite !"

Des encyclopédies, Lucien, des encyclopédies !

"Mon cul ouais, des dictionnaires ! Y'aurait des roues, si c'était des encyclocypèdes !"

Bon allez, on joue, la, "Question pour un Champion", l'émission ou bonne humeur rime avec, avec bonne humeur quoi ! Oh ! Alors ! Hein ? Bon... Attention parce que le temps il tourne, et après l'heure, c'est plus l'heure ! Oh. Dommage. Perdu, trop tard.

La réponse était pourtant simple les amis ! Je suis sûr que les téléspectateurs ont trouvés, chez eux, devant leur téléviseur ! Ah. Non. On me dit dans l'oreillette qu'il n'y a plus de téléspectateurs. Bien bien.

La réponse était : "Bordelaise", bien sûr ! "Je suis bordelaise" ! Lucien, non, on avait dit pas de nécrophilie avant 23H, ya des règles à la télé ! Lucien ? Dans ma loge, sinon ? Hein ? Non ? Bon.

Et bien messieurs et messieurs, encore une victoire de Lucien, par forfait et mort de la victime, sur un score de 0 à 0, comme d'habitude. Je rend l'antenne et je vous dit "à la semaine prochaine" : à la semaine prochaine. Pas avec le buzzer, Lucien, je... Aïe ! Coupez !

samedi 1 décembre 2007

Questions d'aspirants geek - 2.

« Vaut-il mieux posséder une copine ou un serveur IRC ? »

Pour répondre à cette épineuse question, il nous fallait un professionnel. Un professionnel en serveur IRC, doublé d'un professionnel en copines (depuis peu) (depuis qu'il est beau) (qu'il sent bon le sableuh chaud) (parce qu'avant, il...) (enfin on s'en fout).

Or, le (très) grand Bishi s'est justement proposé de rédiger la réponse. Tout en changeant le titre de cette rubrique en "
Les conseils malins du Docteur Nerd", ce qui est d'un mauvais gout douteux, mais soit.

Vous trouverez donc l'article sur son blog à lui, et peut-être que d'autres auteurs seront tentés pour la suite.

Bien cordialement, votre dévoué,

Yo²