samedi 6 novembre 2010

Les oiseaux

Une meute de pigeons, se battant entre eux pour manger de la gerbe d'alcoolique de la veille. L'un d'eux se fait repousser en arrière, m'aperçoit et me fixe, immobile. Maintenant c'est moi qui veut vomir,  un jour c'est nos cadavres qu'ils mangeront. Je préfère faire demi-tour et les contourner. Je penserais à la mort demain.

Au quotidien.

9h et le soleil, ou ce qu'il en ressort, me réveille. je regarde le plafond la bouche ouverte, ébahie d'être encore là, encore là. 10h et je me lève, fais chauffer l'eau pour un café. Je suis fier d'avoir réussi à me lever. 11h et la première bière est fini, midi et la bouteille de vin blanc est ouverte. Quand je l'aurais fini, je me recoucherais. Vers 16H, je me réveillerais encore, vaguement agacé, totalement déprimé. Je me masturberais, m'essuierais vaguement sur les draps, irais vomir, fumerais trois cigarettes à la suite, puis me rendormirais. C'est un week end comme les autres. A tout prendre, c'est tellement mieux que la semaine.

vendredi 24 septembre 2010

Mathématiques

Les dictons populaires mentent. Toujours. Contrairement à ce qu'ils disent, quand on aime, on compte. Et souvent pour du beurre.

mardi 1 juin 2010

Joyeux souvenirs ^^

De : Johan C

Envoyé : mardi 16 septembre 2008 18:52

À : Franck B

Cc : Alexandra G

Objet : Erreur dans le paiement des heures supplémentaires


Bonjour,

Je reviens vers vous plein de rêve et d’espoir au sujet de l’erreur de [l'entreprise x] dans le paiement de mes heures supplémentaires.


Au pré de l'Asphodèle.

Le voyage du retour est difficile. C'est l'Achéron que l'on remonte, un paquebot fou sur une rivière triste, les gens entassés les uns contre les autres, pressés d'arriver à destination. Cela m'évoque une vision horrible et absurde, la seconde guerre mondiale, des wagons entiers de juifs pressés de se faire gazer, invectivant les officiers allemands, hurlant au scandale, indignés, profondément, parce que le train est parti quelques minutes en retard.

samedi 15 mai 2010

Tranche de vie.

Le lapin dans ma cuisine effectue et répète une sorte de... Danse, une danse bizarre. Il prend du recul, lentement, puis court et saute contre le mur. Puis il recommence. Encore et encore. Ca fait vingt minutes que ce petit manège continue. On dirait un peu une métaphore de ma vie. Avec deux grandes oreilles et encore plus de poils, certes. "J'ai compris", je lui dis, rageur. "C'est bon, arrête, s'il t'arrive quelque chose de grave, on va encore dire que c'est de ma faute..."

A quoi bon prendre du recul, m'explique-t-il le nez en sang, si c'est pour continuer à focaliser son regard contre le mur qu'on croit inévitablement devoir se prendre en pleine gueule. Ca nous conditionne. On s'auto-persuade que ce mur est la seul issue. Prendre du recul doit servir à découvrir d'autres horizons. Pas à mieux admirer la fatalité que l'on côtoie déjà. 

Moi je veux bien. Mais quand je tente de faire passer un message, j'explique en général les choses différemment qu'en me cognant la tête contre un mur. Ca manque de crédibilité, que j'essaie de lui expliquer. Lui me soutient qu'il faut pas voir le sang sur son museau, mais la symbolique métaphorique. 

Pas envie de discussions métaphysiques ce soir, alors je le regarde en coin, méchamment, en murmurant : "J'ai faim." Il ne répond rien, un brin soucieux. Si les lapins avaient un bec, le sien je le lui aurais cloué. 

Il soupire et s'assoit à côté de moi sur le canapé. "T'as du tabac pour ma pipe ?", qu'il demande. "Si tu bossais, tu pourrais t'en payer toi-même...", que je lui répond, en lui passant néanmoins la marchandise.

On fume côte à côte en silence. Moi, je garde les yeux rivés sur mon ordinateur : J'avais pas envie de compagnie ce soir. Lui souffle des ronds de fumée, l'air grave, il se la joue philosophe au regard perdue dans une réflexion profonde, ah, frimeur de lapin de merde. 

Puis d'un coup il s'arrête, et décrète avec autorité : "Faut vraiment qu'on arrête de fumer, tous les deux". Son ton sans cesse moralisateur me fatigue. Alors du coup, je me lève, et je vais me coucher...

vendredi 7 mai 2010

Souvenirs...

Elle m'a dit que j'étais juste quelqu'un de bien. Que je devais croire en moi. Elle a prétendu tant de choses, inventés tellement d'exemples, pour me convaincre que... Que j'étais le meilleur, que j'étais au dessus, une personne rare, qu'elle a dit. Précieuse. Qu'elle était heureuse de me compter au nombre de ses relations, que ce devrait être le cas de tous ceux qui me connaissent, que ceux qui ne comprenaient pas tout ça n'étaient que des aveugles.

Ne les écoute pas, eux, m'a-t-elle suppliée ; Ne l'écoute pas, elle. "Tu vaux mieux qu'eux". Mais ça veut dire quoi, "mieux", que je répondais, "mieux pour quoi ?", "mieux en quoi ?"... 

Je me souviens d'une phrase en particulier. "Ce ne sont que des porcs, tellement obnubilés par leurs propres nombrils et leurs pseudos-problèmes qu'ils passent à côté de tout ce que la vie peut leur apporter de magique". Magique, que j'étais, selon elle. Magique, carrément. Non pas que j'en croyais un traitre mot. Mais ça faisait du bien, tellement de bien, finalement, de l'entendre débiter ses âneries...

Elle s'approchait, sa voix, puis s'éloignait, elle se faisait parfois forte, parfois douce, elle argumentait, plaisantait, me comparait à loisir avec nos connaissances communes. "Et elle...", finissait-elle, baissant d'une octave, le ton de la confidence... 

"Je suis là, moi", poursuivait-elle, pernicieuse. "Pourquoi elle ? Je suis là. Moi je vois, moi je sais", et ça continuait, et c'était nettement moins agréable à entendre, là.

"Quelqu'un de bien...", la conclusion qui rejoint l'introduction, une phrase sans fin réelle, une phrase qui se meurt. Puis je pleurais. Puis elle passait à autre chose, futilités diverses. Presque tout les jours, qu'on se voyait, en secret, rapidement, relation anonyme et coupable. Puis un jour, elle est partie.

Elle n'est plus jamais revenu. La voix à l'intérieur de ma tête.

jeudi 6 mai 2010

Suicide.

Parfois, je pense à me suicider. Puis j'abandonne. L'idée d'alimenter les rumeurs pendant des décennies, comme quoi mon assassinat aurait été maquillé, ou comme quoi je serais en retraite sur une île déserte en compagnie de Bob Marley et de Kurt Cobain, me gène au plus haut point.

mardi 4 mai 2010

Collectionneur.

Ceux qui collectionnent les timbres sont appelés "philatélistes". Ceux qui collectionnent les portes-clefs sont des "copocléphiles". Ceux qui recherchent cafards sur cafards font partie des "entomologues". Moi, je collectionne les échecs et les déceptions. Ai-je au moins droit à un nom aussi suffisant ?

mercredi 28 avril 2010

Charles dit...

"Je ne suis pas un homme d’acier. Evidemment, j’ai l’air solide et je le suis mais le fait que je comparais devant la Cour de justice de la République me touche. Je suis humilié en tant qu’homme public qui a toujours servi son pays et continue de le faire. Je suis blessé, je suis meurtri. Des collaborateurs auxquels j’avais donné ma confiance se sont servis de mon nom, se sont compromis pour de l’argent, des gens qui appartiennent à des grands corps de l’Etat!"

Comme c'est beau... Même pour leurs plaidoiries, ils ont des nègres... 

mardi 27 avril 2010

JE VEUX...

... Un nouveau téléphone. Je devais le dire à la face du monde.

lundi 26 avril 2010

Barbecue.

Ce week-end, on m'a proposé de participer à un "barbecue géant". Enivrante perspective, avec le retour des beaux jours et l'arrivée du printemps. Malheureusement, j'ai dû décliner l'invitation. Ce week-end pour une fois, je n'avais envie de brûler personne...


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Aujourd'hui, si je me laissais aller, ce ridicule petit espace d'expression, virtuel et anonyme, ne servirait qu'à cracher ma bile, vomir ma haine, contre toutes celles et ceux qui m'ont fait du tort ou, tout simplement,  un tant soit peu exaspérés. Je noircirais des lignes, règlements de compte sur règlements de compte, je montrerais à quel point je suis aigri, blasé, pourri de l'intérieur, je pisserais sur la vie, je chierais sur mes proches, grossissant chaque défaut comme une tare incurable, les brandissant comme preuve de l'inutilité de la vie. Dépeindre ainsi l'humanité comme une erreur, une souillure, dans un brouillon cachant à peine que la souillure en réalité, l'accident, encore et toujours, c'est moi, c'est moi, ce n'est que moi...

... Mais je n'ai jamais appris à me laisser aller.

jeudi 22 avril 2010

Paradoxe.

Demain, je meurs; l'espoir fait vivre.

*

On cherche le salut dans l'oubli; Mais le seul oubli salutaire serait un oubli total, infini, une amnésie aux dimensions d'un univers. Oublier jusqu'au fait d'être vivant.

lundi 19 avril 2010

Citation

Un ouvrage est fini quand on ne peut plus l'améliorer, bien qu'on le sache insuffisant et incomplet. On en est tellement excédé, qu'on a plus le courage d'y ajouter une seule virgule, fût-elle indispensable. Ce qui décide du degré d'achèvement d'une oeuvre, ce n'est nullement une exigence d'art ou de vérité, c'est la fatigue et, plus encore, le dégoût.

Cioran - "De l'inconvénient d'être né".

mardi 23 mars 2010

Frustration

Marre d'être à sec le 20 de chaque mois. Marre de me sentir encore plus seul quand je suis en couple que célibataire, ou quand je vis à 5 ou 6 dans un même appart' que quand je dors tout seul sur un banc. Marre d'être impuissant devant le malheur des gens que j'aime. Marre du reflet de ma gueule fatiguée dans le miroir. Marre des gens pitoyables qui réussissent à tout ce que j'échoue. Marre de boire pour oublier que j'suis alcoolique. Marre des gens qui n'ont qu'un seul sujet de conversation dans leur vie. Marre des gens qui n'en ont aucun. Marre des gens dans le métro. Marre des gens. Marre. Bon. La soirée s'annonce bien, ce soir.