vendredi 7 décembre 2007

En temps de guerre (prélude aux confessions)

Cher Journal, je ne t’ai rien dit, cachottier que je suis, mais la semaine dernière fut pour moi une semaine riche en émotions. Non, il ne m’est rien arrivé. Je ne t’ai pas menti en te disant que, ces derniers temps, il ne m’arrivait absolument rien, rassures toi, cher Journal. Non. Le genre d’émotions qui te submergent, t’envahissent, te chamboulent, juste comme ça. Pour rien. Tu sais… Les souvenirs.

Je suis si peu habitué à me remémorer les quelques traces que mon esprit conserve du passé que, lorsque des souvenirs enfouis décident subitement de surgir de nul part, je me retrouve comme paralysé, le cœur battant, le corps frissonnant, incapable de réagir. Je ne peux rien faire. Je suis en état de siège, ils m’entourent, frappent de toute part, en même temps, désordonnés et pourtant terriblement efficaces.

Les sons, les images, les odeurs reprennent vie. Les mots qui blessent, les lèvres qui soignent, les yeux qui hurlent « donne moi ton âme », les visages qui cachent « comme tu m’as déçu », tous m’enveloppent dans une vive étreinte, douloureuse et épuisante.

Oui. Les souvenirs sont des traîtres. Ils peuvent attendre, attendre, et attendre encore, tapies dans l’ombre de l’inconscience, guettant le meilleur moment pour me susurrer à l’oreille d’une voix méprisante : « Mais regarde toi… »

La semaine dernière, donc, cher Journal, ça m’est arrivé. J’ai été lâchement pris pour cible par cette vieille chienne capricieuse de Dame Mémoire. C’est que, à deux heures d’intervalle, j’ai par hasard retrouvé la trace de deux personnes qui, à leurs façons, me furent à une époque particulièrement chères. Mon premier amour d’adolescent (sur copaindavant.com) et mon premier Amour avec un grand A (sur facebook). Bien sûr, sur le coup, je ne te cacherais pas que j’en fus fortement ému.

Mais je savais que Dame Mémoire voudrait en profiter pour me noyer sous ses sermons, et je ne comptais pas me laisser faire. Il me fallait contre-attaquer pour éliminer rapidement ce surplus d’émotions totalement déplacé, sinon, Mémoire en profiterait pour libérer son armée de souvenirs fantômes au travers de la brèche…

C’est toujours comme ça. La jeune Émotion part en éclaireur, vicieuse et charmante petite mercenaire, tente de créer une ouverture, de percer mes défenses, et en cas de réussite, son employeur du moment (Dame Mémoire, Prince Souffrance ou Lady Manque, peu importe) en profite pour envoyer ses soldats envahir la ville fortifiée d’Âme & Conscience.

Dans ces cas la, mon preux chevalier Self-Control, malgré sa vaillance et ses neuf vies, se trouve bien démuni, face à la violence de l’attaque. Parfois, certes, le demi-dieu Schizophrénie répond à mes prières et me sauve de l’assaut sauvage de mes oppresseurs. Mais le prix à payer est alors souvent considérable…

Mais je m’égare. Cette fois, je voyais bien que Dame Mémoire voudrait m’envahir, et je décidais donc d’envoyer directement Self-Control pourfendre la belle Émotion, aussi agréable qu’elle put se montrer au premier abord.

A ma grande satisfaction, ce fut une éclatante victoire. Self-Control, aidé par ses fidèles compagnons – Comptine Mnémotechnique et Masturbation Le Barbare – écrasa l’ennemie. Nous étions victorieux. C’est du moins ce que nous pensions…

Car Dame Mémoire est une fine tacticienne. Émotion n’était pas envoyée pour ouvrir une brèche, ni pour infiltrer l’ennemi de l’intérieur. Non. Sa venue n’était qu’une manœuvre de diversion. Et, alors que nous étions encore ivres d’avoir trop fêté la victoire, c’est une armée considérable qui déboula par derrière. Pris par surprise et encore éprouvés par le combat précédent (Masturbation Le Barbare refusa même de prendre part à la mêlée, sous le prétexte fallacieux d’avoir trop mal au bras pour tenir correctement son épée…), il nous fut impossible de nous défendre. Nous étions vaincus.

Il faut dire que Dame Mémoire ne s’était pas contentée d’invoquer les souvenirs fantômes liés aux deux femmes dont je t’ai parlé précédemment, ami Journal. Elle avait aussi fait appel, en renforts, aux spectres de toutes les femmes qui ont croisées ma route. Sans exception. Impossible de stopper ce flot de souvenirs si douloureux. Toute ma vie sentimentale m’est revenue en pleine face, de A jusqu’à Z.

Et Dame Mémoire se moquait, ne cessait de se moquer. Elle riait, sermonnait, ironisait, triomphante, emplie de cette joie malsaine qu’entraîne la domination totale de son adversaire.

Et moi, je ne t’ai rien dit, je t’ai tout caché, à toi Journal, pourtant censé être mon confident officiel. J’ai préféré de poser des « questions d’aspirants geek », et te décrire de la manière la plus absurde possible la figure de la bordelaise. Mais soit indulgent, compagnon. L’assaut fut violent, et mes si belles maîtresses Inspiration et Sincérité n’ont pas été épargnées.

Souviens-toi déjà, le week-end dernier, comme j’ai dû combattre avec acharnement Lady Manque et Lord Ressentiment. La victoire, tu le sais, à bien faillie me glisser entre les doigts, ma compagne et amie de toujours, Patience, échappant de peu à une tentative sournoise d’assassinat…

Oui, ami Journal. Ce sont des heures bien sombres que traverse le royaume d’Âme & Conscience. Je ne peux pas te raconter par quels arrangements j’ai repris possession de mon territoire. La politique, tu sais, et ses nécessaires secrets… Mais depuis, je m’en confesse à toi, car ton oreille attentive m’est presque devenue nécessaire : Depuis, quelque chose me tracasse.

Parfois, pour aggraver les blessures, Dame Mémoire n’hésite pas à me mentir. Elle déguise ses hordes de souvenirs. Elle les travestit. Juste pour m’atteindre plus profondément. Mais cette fois, tout était vrai. Chaque moquerie, chaque remarque acerbe, chaque attaque était justifiée. Vérité, que je courtise depuis toujours, Vérité à qui j’ai toujours tenté d’être fidèle, Vérité m’a trahis et a rejoint l’ennemi. Les séquelles en seront profondes et durables, crois-moi. Toi, au moins, je connais ta loyauté sans faille.

Demain, ou dans les jours qui viennent, je te détaillerais chaque assaut que j’ai subit, lors de cette terrible guerre. Et tu verras à quel point le royaume peut avoir honte de certain de ces méfaits. A quel point certaines pages de notre Histoire sont loin d’être glorieuses. Et tu verras comme, en secret, le royaume a souffert.

Allons, ne prend pas cet air offusqué. Si tu n’es pas au courant, c’est juste parce que tu n’étais pas encore né, à l’époque. Mais pour l’heure, je dois te laisser. Il me faut bien faire acte de présence auprès de la cours, cher Journal. Sinon, le peuple s’inquièterait.

Reste à disposition, toutefois : Ton Roi reviendra très bientôt, et il n’apprécierait point de devoir tolérer une nouvelle fois la compagnie de ce laquais Internal Server Error à la place de la tienne, sache le. Ta fonction est indispensable, mais tu n’es pas irremplaçable, mon ami. Garde cela en mémoire, et sache qu’en dépit de tout, c’est toujours moi qui gouverne, ici…

mardi 4 décembre 2007

Devinette !

Oui. Jouons un peu, hein, après des posts si... Heu... Sérieux, il est temps de passer à quelque chose de plus frivole, léger, puéril. Amusons-nous gaiement, donc. Et comme disait mamie, "youpiyou tralala".

Devinette, donc.

Laissez moi me concentrer, je dois rentrer dans la peau de Julien Lepers... Attention... Oh... Oh oui, OOOOoooOOoooh ça viens, hin, hin, OUI, OUI JE LE SENS L ESPRIT LEPERS OUI ATTENTION..............

Bonsoir.

Ce soir soirée inoubliable. Du suspens et de l'émotion seront au menu de cette évènement exceptionnel. "Question pour un gros con", grande finale super deubeule ouane heugaine heu fore mégagroov' dance2000 Champigny-Les-Oies 2007.

A ma gauche, la challenger, ouh yeah, 97 ans dans deux mois, retraitée ancienne concierge à la Gestapo, spécialiste du terroir connaissant par coeur l'intégrale du JT de Jean-Pierre Pernaud de 1988 à nos jours, j'ai nommé... YvooOOooonne !!

A ma gauche aussi, parce que je suis pas au milieu du plateau, ahah je suis taquin, le champion en titre, ex-CRS au chômage, il connait toutes les races de chiens par cœur, il sait tout sur le tuning et il collectionne les autoradios depuis 1996... Le grand, le costaud, Lucien mesdames et mesdames !!

Vous êtes prêt les amis ? Non ? Et ben c'est pas grave ahah ! "Question pour un champion", l'émission de la franche rigolade. D'ailleurs tiens, Lucien, un calembour avant de commencer ?

"Heu... Melon et Melèche sont dans une maison... ?"

Oui non, ça ira. Alors concentrez-vous, première question, je suis... Je suiiiis... JEUH SUIIIIIS ?!?!? HEIN ALORS ? JE SUIS JE SUIS JE SUIS ?

"François Miterrand ?"

NOOOOON Yvonne, mauvaise réponse ! Lucien ? Une idée ?

"... Hein ? Non."

Ah, dommage, il s'agissait bien évidemment d'une fourchette.

"J'ai pensé un moment à une limace, mais je me suis dit que ça collait pas."

Ah si Lucien, si si, une limace, ça colle ! Ahah, "Question pour un champion", l'émission de la déconnade décontractée ! Bien. Deuxième question. Vous êtes prêts ? Yvonne, ça va ?

"...... heiiiiiiiiiiiiiin ?"

Non je disais, tout va bien ?

"Sans sucre, merci."

D'accord Yvonne. Lucien ?

"J'VAIS LUI PETER SA GUEULE !"

Très bien. Nous pouvons donc continuer, je vous recommande la plus grande concentration car c'est une question difficile...

Je suis de sexe féminin, je suis..

"UNE PUTE !"

Non Lucien, non, mais vous chauffez.. Vous chauffez quand vous dites "pute" ahah ! "Question pour un Champion", l'émission de la camaraderie grivoise ! Je reprend.

Je suis de sexe féminin. Plutôt grande, élancée, habillée de manière chic et couteuse, je suis..

"UNE PUTE !"

Non, Yvonne. Je reprend. De manière chic et couteuse, je suis pressée, sans avoir rien à faire, juste pour montrer à mon entourage que je suis une femme active.

Ma bouche est souvent tordue en un rictus stressé, je m'entraine tous les matins à perfectionner mon regard hautain et méprisant, et j'arrive à prendre un air de dégout rien qu'en frémissant du nez. Je suis toujours bien coiffée, sans un seul cheveux qui dépasse, malgré le vent, les intempéries, les deux enfants et les cochonneries du dimanche soir.

Quand je rencontre une semblable, je soupire toujours longuement en regardant autour de moi après lui avoir fait la bise. Puis je m'assois, de la manière la plus classe possible, car c'est bien pour ça que je m'entraine à m'assoir et à me lever pendant des heures depuis l'age de 12 ans. J'exige d'obtenir l'arbre généalogique de chaque mari potentiel que je rencontre. J'aime le violon. Je ne comprend pas pourquoi les pauvres se reproduisent autant, surtout qu'en général le visage de leurs enfants est à vomir, du moins si j'étais capable de vomir mais moi je ne vomis pas, car ça c'est pour le peuple et les anorexiques.

Je suis... Oh... Hé, Yvonne... Réveil, la ! Who ! PUTE ! REVEIL, YVONNE ! Non mais tu te crois ou, la... On est pas chez Sevran ici ! "Question pour un Champion", l'émission des vieux dynamiques OK ? Du nerf. Alors.... C'est quoi ça... Je reprend. Et toi Lucien, lache ce révolver. Je reprend.

Moi je ne vomis pas, car ça c'est pour le peuple et les anorexiques. Dans la vie, je serais riche, mais je ferais un ou deux ans dans l'humanitaire avant. Car même si je suis supérieure, je suis aussi capable de faire preuve de compassion envers tous ces gens qui ne sont pas vraiment humains.

Un jour, un homme m'as dit des gros mots pendant l'acte sexuel, ça m'as choquée au plus haut point, mais heureusement "j'ai un psy géniââââââl !!!".

Un autre jour, mon marie a voulu faire l'amour comme ça, sans planifier à l'avance, mais je l'ai remis à sa place en le menaçant de divorce, et de tout révéler à ses parents.

Je suis... Je suiiiiis... JE SUIIIIIIIIIIS ?? HEIN HEIN ??

JE SUIS BOURGEOISE ET GUINDEE ? JE SUIIIIIIIIIIIIIIIIIS ?

Oh. Lucien. Hé. Lache Yvonne maintenant. Lache Yvonne, tu vois bien qu'elle veux répondre... Yvonne ? Allez, je suiiiiis ?

"gniiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii bweuargh touss tousssss malotru !"

Aaaaah comme c'est dommage, non Yvonne, mais presque.

Lucien ? Une idée ?

"Nan, et j'en ai marre de gagner des dictionnaires ok ? Faut pas trop s'fouttre de ma gueule, tête de bite !"

Des encyclopédies, Lucien, des encyclopédies !

"Mon cul ouais, des dictionnaires ! Y'aurait des roues, si c'était des encyclocypèdes !"

Bon allez, on joue, la, "Question pour un Champion", l'émission ou bonne humeur rime avec, avec bonne humeur quoi ! Oh ! Alors ! Hein ? Bon... Attention parce que le temps il tourne, et après l'heure, c'est plus l'heure ! Oh. Dommage. Perdu, trop tard.

La réponse était pourtant simple les amis ! Je suis sûr que les téléspectateurs ont trouvés, chez eux, devant leur téléviseur ! Ah. Non. On me dit dans l'oreillette qu'il n'y a plus de téléspectateurs. Bien bien.

La réponse était : "Bordelaise", bien sûr ! "Je suis bordelaise" ! Lucien, non, on avait dit pas de nécrophilie avant 23H, ya des règles à la télé ! Lucien ? Dans ma loge, sinon ? Hein ? Non ? Bon.

Et bien messieurs et messieurs, encore une victoire de Lucien, par forfait et mort de la victime, sur un score de 0 à 0, comme d'habitude. Je rend l'antenne et je vous dit "à la semaine prochaine" : à la semaine prochaine. Pas avec le buzzer, Lucien, je... Aïe ! Coupez !

samedi 1 décembre 2007

Questions d'aspirants geek - 2.

« Vaut-il mieux posséder une copine ou un serveur IRC ? »

Pour répondre à cette épineuse question, il nous fallait un professionnel. Un professionnel en serveur IRC, doublé d'un professionnel en copines (depuis peu) (depuis qu'il est beau) (qu'il sent bon le sableuh chaud) (parce qu'avant, il...) (enfin on s'en fout).

Or, le (très) grand Bishi s'est justement proposé de rédiger la réponse. Tout en changeant le titre de cette rubrique en "
Les conseils malins du Docteur Nerd", ce qui est d'un mauvais gout douteux, mais soit.

Vous trouverez donc l'article sur son blog à lui, et peut-être que d'autres auteurs seront tentés pour la suite.

Bien cordialement, votre dévoué,

Yo²

vendredi 30 novembre 2007

Questions d'aspirants geek - 1.

« Comment classer ses contacts MSN ? »

Question d’apparence simple et anodine. Et pourtant bien plus complexe qu’elle n’y parait de prime abord.


Tout d’abord, sachez que WLM, anciennement MSN, est un logiciel codé par des informaticiens, donc pour des informaticiens, avec une logique d’informaticien. Ce qui fait que, vous l’aurez peut-être remarqué, tous vos contacts, à peine ajoutés, se retrouveront par défaut inclus dans le groupe « Autres contacts ». Oui, pour un informaticien, c’est logique, « tous » = « autres ». Cela peut paraître absurde, à bien y réfléchir…


Si les informaticiens géraient le monde réel, le panneau « autres directions » signifierait sûrement que c’est la direction à suivre pour continuer sur la route principale. Les instituts de sondages nous assureraient qu’à la question « Quel est votre homme politique préféré ? », la réponse serait :

« - Sans opinion : 2%

- Ne se prononce pas : 1%

- Robert Dupouille (député-maire de Montigny-sur-Orge) : 0,1%

- Autres : 96,9% »


Le proverbe tiré de l’œuvre de Sartre deviendrait : « L’enfer, c’est les autres contacts, mais on peut les bloquer ». Et « De l’autre côté du miroir » serait un roman décrivant les côtés gauche, droit, haut et bas du mur à proximité du miroir, mais sûrement pas ce qu’il y a devant (« Ca dépend, c’est une question d’utilisateur »), ou pire, derrière, parce que « Fatal Error : derrière, c’est pas un côté ! ».


Fort heureusement, ils sont occupés à coder MSN. Ce qui fait que, sans intervention de votre part, tous vos contacts sont des autres contacts.


Comment, donc, trier vos contacts de manière plus pratique, plus ergonomique ? Vous vous dites sûrement qu’il y a des tas de réponses différentes, plus ou moins satisfaisantes. Oui. Mais il n’y a qu’une réponse « geek ».


Le logiciel, de mémoire, vous propose quelque chose comme « Amis », « Famille », « Collègues »… C’est un piège. Virez tout ça. Tiens, imaginez que votre frère, que vous considérez comme votre meilleur ami, travaille dans la même boite que vous. Ou le classez-vous, la ? Hein ? Et si un collègue vous dit « Salut mon frère », devient-il un ami ? Un piège, je vous dis, un piège…


En plus, fonctionnellement, un tel classement ne sert strictement à rien. Je veux dire, savoir que « Oh tiens ! J’ai 7 collègues en ligne sur 18 ! », ça vous apportera jamais rien dans la vie…


Non. Réfléchissez. Pensez « geek ».


Voici la seule façon de trier ses contacts pour tout « geek » qui se respecte : « Gros seins », « moyens seins », « petits seins », et « pas de seins ».


Méditez la dessus, car c’est un véritable état d’esprit, une logique, une philosophie, que vous devrez acquérir, et vite, pour gagner vos gallons dans l’univers virtuel. Des imbéciles objecteront : « Mais si je ne connais pas la taille des seins de mon interlocuteur ? ». Ce à quoi je répondrais (par expérience) : « Pas de seins ». D’autres idiots diront : « Mais si je ne connais pas la taille des seins de mon interlocutrice ? ». Ce à quoi je répondrais : « D’où l’utilité du "Autres contacts" de tout à l’heure, sachant qu’aucun contact ne doit rester classé longtemps dans ce groupe bancal et bâtard ».


Je vous laisse dés à présent réfléchir sur la leçon de ce jour, et vous retrouverais très prochainement pour une nouvelle question, dans le vif du sujet cette fois, puisqu’au cœur de tous les débats depuis des années sur le World Wide Web : « Vaut-il mieux posséder une copine ou un serveur IRC ? »


Bien cordialement, votre dévoué,

Yo²

jeudi 29 novembre 2007

Questions d'aspirants geek - Introduction.

J’ai constaté, avec l’avènement des nouvelles technologies et la démocratisation d’Internet au sein des foyers français, qu’il y avait un nombre croissant de jeunes et de moins jeunes passant dorénavant la majorité de leur temps libre en compagnie de leur ordinateur, pensant ainsi pouvoir prétendre au titre de « geek », personnage d’influence sur ce qui se dit, ce que l’on fait, ou ce que l’on pense sur la toile du réseau des réseaux.

Etant moi-même un vétéran de ce mode de vie que certaines mauvaises langues assoiffées d’argent facile qualifient de « cyber-addiction », et ayant été par le passé un vrai « geek » parmi les plus grands (avant de troquer cette carrière contre celle de SDF), je peux vous dire qu’il n’en est rien : Passer du temps sur le réseau ne fait pas de vous pour autant un « geek » respectable. Etre « geek », sachez-le, c’est avant tout une question de culture !

Cette affirmation, j’en suis certain, déclenchera des hurlements d’indignation chez nos quelques rares amis communistes survivants (Si ! Il y en a !), arguant du fait que de plus en plus d’internautes pour un nombre quasi-identique de vrais « geeks », tout ça pour une question de « culture », c’est une insulte au principe d’égalité, et une reproduction virtuelle de notre société de classes, où le « geek » serait l’équivalent du traditionnel « bourgeois ». Oui. Fort bien. Ce à quoi je répondrais : « Ta gueule ».

Humainement, cependant, cette situation, parfois, me peine. J’entends la douleur de tous ces individus qualifiés de « newbies ». Je perçois la souffrance de ces gens qui passent leur vie sur le chat de « voila.fr » sans pour autant lever la moindre femelle, se faisant injustement kicker ou bannir à la moindre tentative de revendication ou même d’humour. Le même sentiment de rejet, de mépris, que nous ressentions, souvenez-vous, à l’école, lorsque l’on était le dernier élève à être choisi dans l’une des deux équipes de foot. Rejeté du groupe, pour d’obscurs raisons culturelles et sociales, malgré nos compétences et capacités réelles. (La preuve ? Au foot, j’étais probablement le meilleur goal de tous les temps, puisque j’ai bel et bien réussi à éviter toutes, j’ai bien dis TOUTES, les balles que l’on me balançait dessus avec tant de rage et d’agressivité…)

J’ai donc décidé d’apporter mon aide à tous ces exclus des mondes virtuels, de contribuer à la mobilité sociale du web. D’où la création de cette rubrique « Questions d’aspirants geek » sur mon blog, où je répondrais à toutes les questions intimes et secrètes que ces derniers se posent, afin de devenir un internaute réputé, respecté, et apprécié. En un mot, un « geek », un vrai. L’élite.

Nous commencerons dés demain avec une simple question pratique, sans rapport apparent avec la culture ou l’idéologie, mais qui pourtant devra être traitée avec une certaine logique, logique que chaque aspirant « geek » se devra d’acquérir au fil du temps. Cette question sera : « Comment classer ses contacts MSN ? ».

Vous pouvez dors et déjà tenter d’y répondre en commentaire, nous verrons ainsi qui sont les « vrais » dans ce monde si faux.

Bien cordialement, votre dévoué,

Yo²

mardi 23 octobre 2007

Big Brother [3]...

"En cas de rupture, contacter le plus rapidement possible Sida Info Service."

Il pleut à torrents tout autour de moi, mais je suis protégé par les parois en verre de la cabine téléphonique dans laquelle je me suis réfugié. L'averse, subite et violente, ne semble pas vouloir s'arrêter. Ma main, s'enfonçant machinalement dans une de mes poches, entre accidentellement en contact avec le fameux préservatif ayant servi de cadeau d'adieu à mon ex-compagne. Je repense à l'étrange conseil inscrit au dos de l'emballage.

Après tout, pourquoi pas... Ça fera passer le temps, et je suis à l'endroit idéal pour téléphoner : ici, on ne pourras pas tracer mon appel.

Je décroche, insère ma carte dans la fente de l'appareil, puis compose le numéro inscrit sur cet objet qui ne me quitte plus. Une faible sonnerie malade consent enfin à cracher son agonie à l'intérieur du combiné. Un léger déclic se fait entendre. Un léger déclic se fait entendre... "Sida Info Service, bonjour !". Je raccroche.

L'espace d'un instant, sans trop savoir pourquoi, j'ai été littéralement pris de panique. Frisson le long de l'échine. Rythme cardiaque en trombe. Transpiration, vertiges.

Un moment, je me demande si je dois prendre au sérieux ce mauvais pressentiment. Puis je balaye cette idée de mon esprit. Ça ne m'a jamais posé que des problèmes, jusqu'ici, de suivre mes intuitions...

Le téléphone n'arrête pas de me hurler ses bips incessants, sa façon à lui de m'ordonner impérieusement de retirer ma carte de l'appareil. C'est toujours quand on veux que je me retire qu'on fait le plus de bruit, décidément. Qu'à cela ne tienne. Je m'exécute, puis repars à la charge.

Encore une fois : sonnerie en phase terminale, léger déclic menaçant, et même voix que tout à l'heure, j'en mettrais ma main à couper... "Sida Info Service, bonjour !".

- "...
- ... Sida Info Service, BONJOUR !
- Heu. Bonjour.
- Que puis-je faire pour vous ?
- Heu... Je ne sais pas trop, probablement rien, mais y'avait écrit... Que...
- Oui ?
- Et bien, vous savez... "En cas de rupture"...
- Oh ! Bien sûr ! Sachez que les risques, bien que minimes, existent toutefois bel et bien, et qu'il serait imprudent de les prendre à la légère.
- ... Les risques ? Quels risques ?
- D'infection. Par le sida, ou une autre MST. Sachez que...
- Non mais, comment dire, nous nous sommes toujours protégés ! Enfin...
- Heu. Oui. Mais j'ai cru comprendre qu'il y avais eu rupture...
- Merci, je sais bien ! C'est précisément pour ça que je vous appelle.
- ... Et c'est pour ça que je vous parle des risques...
- Je ne vous suis pas tout à fait. Vous... Oh ! Bien sûr, vous... Heu... Voulez parler des capotes usagées ?
- Pardon ?!?
- Ce n'est arrivé qu'une ou deux fois, tout au plus, vous savez !
- Heu... Oui, alors heu, dans ce cas..."

Je raccroche à nouveau. Nouveau vent de panique, facilement maitrisé cette fois. Du sang froid, surtout, du sang froid. Comment, comment diable savait-il ? Comment était-il au courant ?

Ils savaient, ils savaient tout ! Je ne sais pas pourquoi. Mais on me surveille. Depuis longtemps, dirait-on. Et ils voulaient que je sache. Que je sois au courant de leur existence.

Je cherche en vain à repérer leurs éventuels espions, sur le chemin du retour. Il pleut toujours autant. J'emprunte des itinéraires détournés, ce qui est tout bonnement ridicule, puisque je rentre chez moi, et qu'ils doivent bien savoir ou c'est...

Ce préservatif n'était pas un cadeau. Non. C'était un piège, destiné à me faire passer ce coup de fil. Comme si c'était un signal, le coup d'envoi de... Quelque chose. Il me reste à savoir s'il vient bien de Nathalie, ou si ce n'était qu'une mise en scène visant à me le faire croire. Est-elle complice ou victime de ces mystérieux personnages ? Pourquoi moi, et pourquoi se découvrir maintenant ?

C'est relativement serein que je referme la porte de mon appartement. Je n'ai pas à avoir peur. Je trouverais les réponses à toutes mes questions, l'une après l'autre. Ils n'ont pas idée de ce que je peux faire.

Je m'installe sur mon vieux canapé, allume la télévision (un obscur jeu de questions réponses). Pour me détendre, je me sers une bonne rasade de whisky. Mon regard s'attarde sur l'avertissement au bas de l'étiquette. "L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération"...

vendredi 19 octobre 2007

Retour à Bordeaux.

Tout à changé. Des rues qui n'existaient pas, des terrains vagues qui n'existent plus, des commerces métamorphosés, des enseignes disparues, des coins qui craignent devenus vitrines de la ville... Seuls les gérants de la librairie / tabac de mon quartier sont restés les mêmes, et n'ont pas pris une ride. C'est louche !

Peut-être que ce sont des extra-terrestres préparant une future invasion de notre planète. Ils préparent probablement un gigantesque complexe souterrain, et ont choisis les sous-sols de ma cité. Choix logique et judicieux, il me semble. Quand je suis entré, le gérant m'as sourit, de la même manière qu'il faisait avant, petit sourire aimable, légèrement commercial, mais pas trop. Comme si j'étais venu la veille. J'ai demandé un paquet de tabac à rouler, il avait déjà un paquet de Marlboro en main. Ce que je fumais à l'époque. J'ai aussi demandé une recharge "Virgin Mobile". Il m'a regardé, l'air étonné. J'ai l'impression qu'il s'est retenu de dire : "Vous n'êtes plus chez Bouygues ?".

Je suis donc ressorti de là passablement effrayé, CHER JOURNAL, bien qu'effrayé, je l'étais déjà avant même d'y entrer. Mon quartier etait si différent, et si semblable à la fois. Mon bâtiment (MON bâtiment) était entouré d'une clôture (et pourquoi pas des barbelés, tant qu'ils y sont ?). Et mon bâtiment (l'autre, MON bâtiment, le deuxième), (suis, suis donc, cher Journal, sinon on s'en sort pas...) était plein de... Avait des portes munies de... Hum. De digicodes.

C'est que c'est le dernier, le DERNIER, des immeubles de ma cité à avoir été doté de digicodes. Je pensais qu'il serait épargné. Une sorte de résistant. Mais non. Il a des digicodes plein les entrées. et ses couloirs s'allument tous seuls au moindre mouvement. Tellement inutile. Comme si le luxe des halls d'entrées pouvait camoufler la misère de ceux qui les habitent. Enfin... Pratique, pour les tournantes.

La grande surface où j'ai fais mes classes a été remplacée par une sorte de clone de Leader Price au nom inconnu. Si ça se trouve, c'est un ancien caïd de ma classe qui tiens l'affaire. La semaine prochaine j'irai chiper un truc, voir un peu l'ambiance quand on s'fait attraper.

L'ambiance, elle, n'a pas changée. Résignation, fraternité, regards éteints, mobylettes trafiquées, provocations verbales, vie de village et vannes de fenêtres à fenêtres, gosses qui courent en riant, papis qui jouent aux boules, jeunes qui squattent leur banc heure après heure, jour après jour, et mon banc, ou il est mon banc, ils ont virés mon banc...

Ce quartier est empli à rabord de gaieté, d'humour, de vie est de complicité. De gaieté de façade, d'humour d'urgence, de vie factice, pour se convaincre que vie il y a, et de complicité calculée, pour survivre au sein de la masse. Ce quartier est comme moi. Mes parents, c'est ce quartier.

Nostalgie, culpabilité. Demain je choisirai le centre-ville touristique et commercial. La rue Sainte-Catherine, elle, j'en suis sûr, n'aura pas changé d'un poil.