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samedi 6 novembre 2010

Au quotidien.

9h et le soleil, ou ce qu'il en ressort, me réveille. je regarde le plafond la bouche ouverte, ébahie d'être encore là, encore là. 10h et je me lève, fais chauffer l'eau pour un café. Je suis fier d'avoir réussi à me lever. 11h et la première bière est fini, midi et la bouteille de vin blanc est ouverte. Quand je l'aurais fini, je me recoucherais. Vers 16H, je me réveillerais encore, vaguement agacé, totalement déprimé. Je me masturberais, m'essuierais vaguement sur les draps, irais vomir, fumerais trois cigarettes à la suite, puis me rendormirais. C'est un week end comme les autres. A tout prendre, c'est tellement mieux que la semaine.

mardi 1 juin 2010

Joyeux souvenirs ^^

De : Johan C

Envoyé : mardi 16 septembre 2008 18:52

À : Franck B

Cc : Alexandra G

Objet : Erreur dans le paiement des heures supplémentaires


Bonjour,

Je reviens vers vous plein de rêve et d’espoir au sujet de l’erreur de [l'entreprise x] dans le paiement de mes heures supplémentaires.


Au pré de l'Asphodèle.

Le voyage du retour est difficile. C'est l'Achéron que l'on remonte, un paquebot fou sur une rivière triste, les gens entassés les uns contre les autres, pressés d'arriver à destination. Cela m'évoque une vision horrible et absurde, la seconde guerre mondiale, des wagons entiers de juifs pressés de se faire gazer, invectivant les officiers allemands, hurlant au scandale, indignés, profondément, parce que le train est parti quelques minutes en retard.

mardi 27 avril 2010

mardi 23 mars 2010

Frustration

Marre d'être à sec le 20 de chaque mois. Marre de me sentir encore plus seul quand je suis en couple que célibataire, ou quand je vis à 5 ou 6 dans un même appart' que quand je dors tout seul sur un banc. Marre d'être impuissant devant le malheur des gens que j'aime. Marre du reflet de ma gueule fatiguée dans le miroir. Marre des gens pitoyables qui réussissent à tout ce que j'échoue. Marre de boire pour oublier que j'suis alcoolique. Marre des gens qui n'ont qu'un seul sujet de conversation dans leur vie. Marre des gens qui n'en ont aucun. Marre des gens dans le métro. Marre des gens. Marre. Bon. La soirée s'annonce bien, ce soir.

vendredi 26 juin 2009

... Et le soleil ? Il s'éteint quand, celui-là ?

J'emmerde tous ces gens qui pleurent à la demande lorsque TF1 leur annonce la mort d'une étoile, puis qui se battent et se déchirent pour l'héritage à chaque enterrement d'un proche. J'emmerde tous ceux qui ont plus d'empathie pour un vendeur de disques que pour le clochard, bien en vie pourtant, du coin de la rue. Je vomis sur ce monde où l'on obtient l'immunité juridique en inventant 3 pas de danse. Je crache sur cette logique absurde qui efface la mémoire des morts, pour n'en laisser qu'une fausse image positive et formatée de bonté, de talent, de cœur, en un mot, de sainteté.

Et pour tous ceux qui font de la mort quelque chose de "mal", de "triste", de "douloureux", alors que, pas plus que moi ou que quiconque, ils ne savent ce que c'est, je n'adresse que mon plus profond mépris.

Bénissez les cyniques et les imbéciles. Les premiers doutent à votre place, les seconds sont trop bêtes pour être aussi faux que vous. Bénissez les : C'est peut-être ce que nous avons produit de moins pire. Un vendeur est mort, ce soir. Et le soleil, il s'éteint quand ?

mardi 11 novembre 2008

Pardon

Il y a trop de gens, trop de gens, et ma mémoire est défaillante. Je ne veux pas vous oublier, j'oublie, c'est tout; Jusqu'aux sentiments qui, à l'époque, m'ont fait défaillir. Je rêve si peu, et j'oublie ceux qui m'ont fait rêver. Pardon.

samedi 25 octobre 2008

Merde.

J'ai encore oublié d'acheter un timbre et une enveloppe.

...

Désolé :]

Sinon c'est chouette d'avoir autant de commentaires, ça fait plaisir \o/

jeudi 23 octobre 2008

Demain matin encore, mon haleine...

Regarde, ressent. C’est le moment qui précède l’ivresse. La réalité se trouble, les choses deviennent moins laides. Et même les gens, même les gens deviennent moins laids…

mercredi 7 mai 2008

EXCLUSIF : Le président chinois Hu Jintao invite le dalaï lama à sa pendaison de crémaillère !

Pour tous les gens qui sont arrivés ici en cliquant sur un lien via google :

Mais arrêtez de cliquer n'importe ou !

Pour les autres, voila, juste une preuve que je suis encore en vie. Et que mon humour est toujours pire que la veille.

Le monde change. Nos repères se brouillent. Réchauffement climatique. Droits de l'homme bafoués en Chine et en France. Election du premier nain de la première personne de petite taille à la Présidence de la République. Mondialisation. Globalisation. Précarisationté. Libération sexuelle. Fin de Julie Lescaut. Oui. Tout change, tout bouge. Tant de choses arrivent, qu'on aurait qualifiés d'impossible il y a encore quelque mois.

Tout ça pour dire que ouais, c'est vrai, si si, j'ai du taf.

[Edit] : Et le lien du jour : "Comment le mariage reproduit les inégalités."

dimanche 24 février 2008

Dispersé...

"C'est en forgeant qu'on devient forgeron".

C'est dans cette optique que je m'étais mis plus "sérieusement" à écrire. Étant totalement insatisfait de l'ensemble du peu que j'avais pu produire jusque là, je me suis tout d'un coup dis qu'il n'y avait qu'une seule façon d'affiner mon style, d'améliorer ma plume : Lire, et surtout écrire, écrire, et écrire encore. On ne peut pas tendre vers le mieux sans pratiquer. Il fallait écrire, donc, sur tout et n'importe quoi. Pour pouvoir éventuellement, un jour, m'atteler à un vrai projet littéraire plus ambitieux, lorsque je m'en sentirai capable.

Ce jour est loin d'être arrivé, et pourtant déjà, des débuts de textes courts se sont transformés, au fil des lignes, en projets plus conséquents, sans même que je ne m'en aperçoive consciemment.

Bien sûr, je reste moi, et en tant que tel, incapable de me concentrer sur une seule et même tâche, jusqu'à son terme. Je me disperse, comme à mon habitude, et reste fondamentalement incapable de terminer quoi que ce soit.

Au jour d'aujourd'hui, voici la liste des textes inachevés qui mendient un peu de temps et d'attention à mon inspiration paresseuse. Je vais commencer par ceux que les lecteurs de ce blog connaissent plus ou moins.



  • "Questions d'aspirants geek". Ces billets de blog anodins ont en fait une certaine importance dans mon travail. Comme le reste de mes écrits, le premier jet est rédigé sur papier, avant d'être corrigé et remanié sur traitement de texte. Lorsque l'inspiration m'a quittée depuis une ou deux semaines, je me force à en rédiger un (ou un autre texte débile dans le genre...) Comme j'ai toujours eu un talent inné pour raconter n'importe quoi, une fois le billet terminé, je suis conforté dans l'idée que je suis encore capable d'écrire, même si c'est des conneries. En général, le lendemain, la confiance revient, et l'inspiration avec elle.




  • "Ce dont tu as besoin, c'est d'un Toi". Trois chapitres ont été postés ici. Six ont été écrits. Depuis la fin du cinquième, j'ai une idée relativement précise du synopsis, alors que ce n'était au départ que de la pure écriture intuitive. Depuis, aussi, c'est devenu beaucoup plus compliqué. A tel point que je songe à oublier ce synopsis pour me replonger dans l'optique "voyons ou la plume me mène".




  • "Psychose de Korsakoff". Le chapitre cinq a été posté ici. Ce qui ne devait être au départ qu'une courte nouvelle vaguement autobiographique assez glauque s'est transformé en début de roman à l'humour absurde. Onze chapitres ont été écrits à ce jour, avant une panne violente et persistante d'inspiration, malgré le fait que je connaisse parfaitement la toile de fond, puisque celui-ci reste autobiographique...




  • "Big Brother". Dont quelques extraits sont disponibles ici. La lente plongée d'un individu lambda dans la schizophrénie et la paranoïa. J'ai plus ou moins eu tout de suite les cinq premiers chapitres en tête, que j'ai rédigé assez vite. Et puis, blocage...




  • "Autant de guerres". Cette série de billets de blog devait suivre le prélude "En temps de guerre", sur le sujet que vous savez si vous l'avez lu. Un seul a été écrit, il n'a jamais été posté (bien que ces textes furent spécifiquement conçus pour être bloggués). Je ne pense pas qu'il le sera un jour. Ni que j'en écrirai d'autre.




  • L'appel à texte des éditions Argemmios, dont j'ai vaguement parlé ici. C'est en cours, la dead-line se rapproche dangereusement. Du mal, beaucoup de mal, profondément déçu par ce que j'ai fait jusque la, au point de probablement abandonner.




  • "Métro / Charclo / Dodo", une nouvelle qui se rallonge sans cesse sur mon expérience glorieuse en tant que SDF parisien. Le sujet me stresse trop aujourd'hui pour que je puisse y accorder l'attention littéraire qu'il mérite. Et puis, la mémoire s'enfuit...




  • "Le clown triste", une vieille nouvelle en deux parties, je dois juste retravailler le style. J'aime beaucoup l'idée de base, donc je voudrais vraiment parvenir à en faire quelque chose de potable au niveau de la forme.




  • "Photos de famille", une vieille nouvelle aussi. Le thème, l'idée, est vraiment excellente aussi, mais c'est probablement la nouvelle la plus ratée que j'ai écrite. Il faudrait vraiment tout reprendre du début. Flemme, flemme, flemme...




  • "Ou on ne vieilli jamais", c'est le titre provisoire (pourri) de mon premier roman (parce qu'en fait, ouais, j'ai quand même terminé un roman). Une sorte de réécriture sombre et contemporaine du mythe de Peter Pan (Non, je sens venir les critiques : rien à voir avec la version de Loisel...). De bonnes idées aussi, totalement raté aussi, avec quelques passages acceptables. Le chantier me semble trop colossal pour que je puisse trouver le courage de m'y atteler.

  • Un conte pour enfant (j'ai pas trouvé de titre tiens...), l'histoire d'une fée, amnésique, qui a perdu ses ailes. Avec un synopsis précis et bien découpé, mais à peine deux chapitres d'écrits (et encore, des premiers jets seulement...). J'ai toujours autant envie de l'écrire, mais je suis trop mal, en ce moment, pour pouvoir réellement me plonger dans un univers "joli" et poétique.

  • "Dans un grand rien", une nouvelle assez longue sur le suicide, dont est tirée cette description de l'insomnie. J'essaie vainement depuis un moment de m'y replonger, pour travailler sur une version plus courte et épurée, en collaboration avec le grand chef de La Zone.

  • Une longue nouvelle de S.F., avec un synopsis et un découpage assez précis, et une bonne moitié de rédigée. La cyber-addiction est devenu la règle, les gens passent le plus clair de leur temps branché dans l'univers virtuel ultra-réaliste qu'est devenu le net. Le thème est si classique que j'ai plus ou moins abandonné l'idée, n'apportant rien de véritablement nouveau à ce sujet devenu bateau à force d'être vu et revu.

  • Stan Lee disait en substance que pour raconter de bonnes histoires, il suffisait de trouver le (ou les) bon(s) personnage(s). Si vous arrivez à imaginer un personnage assez charismatique, au caractère assez creusé, profond, tout en étant innovant, disait-il, alors les histoires s'enchaînent d'elles-même autour de lui, comme si elles coulaient de source. Bon. Merci Stan ! J'ai le perso, je crois, j'ai le background, il ne manque plus que le talent. Les histoires se créent en effet naturellement dans mon esprit. Mais je me refuse à assassiner un bon personnage à cause d'une mauvaise plume. J'ai donc une vieille vieille vieille saga de fantasy urbaine sur le feu, du pur entertainment, pas prise de tête, mais. Seule ma poubelle en a profité.

Bref, le constat n'est pas nouveau : je suis définitivement fâché avec le verbe "terminer". Dans l'attente d'une solution satisfaisante, s'il vous plaît, offrez moi un t-shirt comme ça :D

mardi 19 février 2008

Non non...

Je ne suis pas [encore] mort :p

Juste malade à crever, et relativement occupé (Rédaction difficile d'une nouvelle à rendre avant la fin du mois, problèmes z'administratifs divers, et surtout, très important, rattrapage de mon retard dans le visionnage des épisodes de Docteur House...)

But i'll be back soon !

mercredi 23 janvier 2008

Une multitude d'ailleurs

Des gens arrivent encore dans cet appartement d’une trentaine de mètre – carré, les bras remplis de packs de bières ou d’autres multiples sources de réjouissances. D’autres partent. Certains sont debout, un verre à la main, certains sont avachis sur le canapé ou sur l’un des coussins qui jonchent le sol. Quelques un chantent, la plupart rient, très fort. Dans un coin, une demoiselle pleure, en compagnie d’une amie à elle qui regarde son verre vide avec désespoir. L’ambiance est à la fête. Je crois…

Elle est arrivée il y a peu de temps, elle doit donc être sensiblement moins alcoolisée que la moyenne. Elle profite de la moindre occasion pour se rapprocher de moi, nos mains se frôlent quelquefois, elle ne cesse de sourire dès qu’elle sent que je la regarde. Elle-même a presque toujours les yeux posés sur moi.

Souvent, nous arrivons à n’être que deux, au milieu de cette multitude, d’anonymes pour moi et d’amis pour elle. Je tente alors du mieux que je peux d’être plus drôle et spirituel que d’habitude. Sans grand succès je crois, à cause de l’alcool. Elle se force à rire à la moindre de mes répliques pourtant, et pire que ça, reviens toujours vers moi aux moments où je me dis que cette fois, ça y est, elle s’est définitivement lassée de ma médiocre compagnie.

Elle me propose de partager un cocktail de son cru, secoue avec énergie le shaker, se penchant un peu plus que nécessaire, probablement pour me rendre abordable une contemplation plus profonde de l’intérieur de son décolleté, et des attributs si attractifs qu’il contient. Ou peut-être que l’alcool me donne des idées sur ses intentions et son comportement. Dans le doute, je contemple tout de même. Silencieusement.

Je n’y suis pas, cependant. Je suis gêné, parce que je suis ailleurs. Dans une multitude d’ailleurs.

Dans cet ailleurs au paysage plein de carreaux, celui ou l’on passe de ville en ville en tournant les pages. Le stylo brûle de rage et pleure mes infidélités, à moi qui préfère trinquer avec des inconnus plutôt que de répondre à ses appels, à ses bouffées d’inspiration.

Dans cet ailleurs là, aussi, où la Tour Eiffel scintille au milieu de la nuit et où la ville ne dort jamais, sauf sous des cartons et dans les couloirs du métro. Est-ce son côté pile ou son côté face qui m’appelle ?

Dans cet autre ailleurs, parfois monochrome et parfois insupportablement coloré, la où rien de ce que je perçois n’est réel, si ce n’est les voix que j’entend chuchoter de l’intérieur.

Dans le tout petit ailleurs qui prend pourtant tant de place, celui qui a perdu ses ailes et pour lequel je donnerai mon âme contre un éclat de rire, si seulement il en voulait.

Il y a aussi un ailleurs de bitume, celui de mon adolescence, peuplé de soldats et de mercenaires qui deviennent fous à force de faire leurs rondes au pied des mêmes tours de béton. C’est un ailleurs statique, et qui pourtant s’évertue à vouloir me rattraper.

Et puis, l’ailleurs du labyrinthe, plein de couloirs obscurs et de guichets gardés par des cerbères froids et agressifs, celui ou je suis un numéro. L’ailleurs dans lequel il faut supporter toutes les humiliations pour obtenir éventuellement le droit à la vie.

Et enfin, ce gigantesque ailleurs désertique et mort, un ailleurs infini, emplie de dunes à perte de vue. Ce sont des dunes d’ennuie, noyées sous un soleil de vide. Ici, l’oasis salutaire s’appelle Déprime, un oasis brumeux où le vent te murmure gentiment qu’il est temps, et qu’il y a des tas de moyens.

Je suis dans tous ces endroits à la fois, et toi tu me souris, tu t’évertues à te mettre en valeur, tu fais briller tes yeux. Sais tu seulement à quoi tu t’exposes ?

Ne vois-tu pas que tu es attirée par quelque chose de sombre, de creux, de malsain ? Tes pieds sont posés sur le rebord d’une falaise sans fond, et toi, naïve et inconsciente, tu restes là, à te donner en spectacle et à redemander un verre. Histoire de te sentir bien, juste avant de chuter.

Je dois partir, maintenant. Trouver un prétexte, ne pas poser les questions que tu attends. Oui, moi aussi, très heureux d’avoir fait ta connaissance. Mais non, rien d’autre. Je vois bien que tu attends, mais je me contente de me retourner vers la porte d’entrée, serrant des mains et lançant quelques plaisanteries en l’air avant de m’y engouffrer. Disparaître.

Dans quelques jours, tu auras oubliée jusqu’à mon existence. Moi, l’esprit vaporeux et alcoolisé, j’ai déjà oublié ton prénom. Adieu, tu ne méritais pas ça.

mardi 8 janvier 2008

Bulle de silence

Ce matin, je me suis réveillé avec en tête une idée obsédante. Obsédante, et angoissante. Et si tout ça, tout cet environnement, tout ce qui existe à ma portée, tout ce que je vois, tout ce que je connais, et si tout ça n'était en fait qu'une prison, qu'une gigantesque prison conçue dans le but de donner l'illusion de la liberté ? Une illusion de liberté avec un arrière-gout d'ennui et de fange.

Peut être existe-t-il un monde réel, ailleurs. Un monde ou j'aurais été jugé coupable d'un acte horrible, ignoble, et où la peine maximale serait l'exil, l'exil dans une prison sans limite, sans cellule, sans barreau, enfermé dans un corps de l'age d'un nourrisson, privé de ses souvenirs et jeté dans l'univers malsain d'un scénariste pervers, chargé de créer un monde où l'enfer ne se situerait pas au delà de la mort, mais disséminé ici et la, par petites touches successives, dans chaque petite parcelle de vie.

Et toi qui lis ces lignes, qui es-tu ? L'ami intime que je crois connaitre ? Ou au contraire, peut-être es-tu chargé de me surveiller ? Peut-être ton rôle est-il de me faire souffrir, te servant de la proximité factice sensée nous lier, si, par hasard, ma vie devenait un peu trop douce, un peu trop supportable aux yeux des juges anonymes et tout puissants qui t'emploient ?


Et ces hordes d'inconnus que je croise tous les jours, dans la rue, dans les transports en commun, dans les bars sales que je fréquente... Dois-je les nommer "anonymes" ou "figurants" ?

Je ne sais pas vraiment quelle ignominie pourrait justifier un châtiment si atroce. Cela expliquerait, cependant, ce sentiment de culpabilité que je traine depuis ma naissance. Coupable d'être né...

Je me demande aussi à quoi pourrait bien ressembler le monde qui m'aurait rejeté. Tout est si absurde, glauque, et pourri, ici, que je connais le sens du mot "civilisation", mais que je suis néanmoins incapable d'en imaginer la forme. Je maitrise le concept sans pouvoir y attacher quoi que ce soit d'un tant soit peu concret. Un peu comme ce mot étrange qu'on entend dans toutes les bouches, ici. "Bonheur". Cette chimère après laquelle je cours, après laquelle tout le monde court (ou me fait croire qu'il court). L'avez-vous atteint, est-ce une chose banale, chez vous ? Ou avez vous juste réussi à minimiser son importance, vous qui peuplez le monde véritable ?

Oui. Et si tout ça n'était qu'une illusion ? Et si j'étais enfermé entre quatre murs, sur lesquelles un esprit malin aurait peint d'immenses étendues de multiples paysages ? Toutes ces questions ne me quittent plus. Comme si j'avais touché du doigt quelque chose d'important. Une punition pareille deviendrait-elle pire ou plus supportable, après en avoir appris l'existence ?

Je ne sais pas... Mais le doute s'est installé, et il ne me quittera pas. Car enfin, même si je délire complètement, une chose est sûr, toutefois, après réflexion : Vous n'êtes pas ceux que vous prétendez être. Je ne vous connais pas. Que ce monde soit réel ou non, cela ne change rien à l'affaire : vous n'êtes qu'imaginaires. Je ne peux pas vous voir : je ne perçoit de vous que les reflets troubles et travestis des projections des personnages que vous voulez incarner.

Vous êtes faux. Vous êtes des mensonges. Je ne sais pas quelle est la pire des hypothèses, entre me dire "tout ce que je vois est vrai" ou "tout ça n'est qu'une prison à grande échelle, de la taille d'une planète entière". Mais quoi qu'il en soit, les habitants de ce monde ne sont que des comédiens, dans un cas comme dans l'autre.

Ne m'approchez pas, vous n'existez pas, vous êtes des fantômes. Laissez moi à l'écart de vos faux-semblants. Laissez moi trouver la paix à l'intérieur de moi. Ici, même la musique ment. Laissez moi m'isoler dans ma bulle de silence.

vendredi 21 décembre 2007

D'

Retour à Bordeaux un peu brusque après ce séjour à Paris. Dur de revenir. Ambiance Noël en famille, achats de cadeaux, trou conséquent dans le budget "alcool".

Les familles recomposées, c'est deux fois plus de cadeaux à faire, je vais devoir attendre janvier pour payer les cadeaux de "l'autre côté".

Pendant ce temps, je me pose des questions existentielles. Je sais ce que je fuis à Paris, mais pour trouver quoi ? Je me retrouve propulsé dans le monde de la "normalité", côté "bourgeois" de la chose, en plus. Ici, pas de choix ou de libertés, il y a une voie à suivre, celle de la normalité, les choses sont simples, il faut faire "ça, ça, et ça". C'est comme ça qu'on fait.

Sauf que "ça", je l'ai en horreur. Pire encore, le fait qu'on décide à ma place de mon "avenir" m'oblige à me poser la question de savoir ce que moi, je voudrais, éventuellement, pour celui-ci. Sans aucune réponse, bien sûr, moi je ne sais rien, je sais juste ce que je ne veux plus. Mais pour faire quoi ?

Je pense à Paris, je sais ce que je fuis, je sais ce qui me manque. Rien ne changera si je retourne la bas, et rien ne me semble possible ici. Reste la possibilité de tout abandonner à nouveau, un "grand rien". Après les fêtes, pourquoi pas. Respecter les sacro-saintes obligations familiales, claquer ma thune pour vivre quelques moments agréables, et arrêter, vraiment, cette fois. Je n'en sais rien.


Vivement la fin des fêtes, vivement la fin...