vendredi 30 novembre 2007

Questions d'aspirants geek - 1.

« Comment classer ses contacts MSN ? »

Question d’apparence simple et anodine. Et pourtant bien plus complexe qu’elle n’y parait de prime abord.


Tout d’abord, sachez que WLM, anciennement MSN, est un logiciel codé par des informaticiens, donc pour des informaticiens, avec une logique d’informaticien. Ce qui fait que, vous l’aurez peut-être remarqué, tous vos contacts, à peine ajoutés, se retrouveront par défaut inclus dans le groupe « Autres contacts ». Oui, pour un informaticien, c’est logique, « tous » = « autres ». Cela peut paraître absurde, à bien y réfléchir…


Si les informaticiens géraient le monde réel, le panneau « autres directions » signifierait sûrement que c’est la direction à suivre pour continuer sur la route principale. Les instituts de sondages nous assureraient qu’à la question « Quel est votre homme politique préféré ? », la réponse serait :

« - Sans opinion : 2%

- Ne se prononce pas : 1%

- Robert Dupouille (député-maire de Montigny-sur-Orge) : 0,1%

- Autres : 96,9% »


Le proverbe tiré de l’œuvre de Sartre deviendrait : « L’enfer, c’est les autres contacts, mais on peut les bloquer ». Et « De l’autre côté du miroir » serait un roman décrivant les côtés gauche, droit, haut et bas du mur à proximité du miroir, mais sûrement pas ce qu’il y a devant (« Ca dépend, c’est une question d’utilisateur »), ou pire, derrière, parce que « Fatal Error : derrière, c’est pas un côté ! ».


Fort heureusement, ils sont occupés à coder MSN. Ce qui fait que, sans intervention de votre part, tous vos contacts sont des autres contacts.


Comment, donc, trier vos contacts de manière plus pratique, plus ergonomique ? Vous vous dites sûrement qu’il y a des tas de réponses différentes, plus ou moins satisfaisantes. Oui. Mais il n’y a qu’une réponse « geek ».


Le logiciel, de mémoire, vous propose quelque chose comme « Amis », « Famille », « Collègues »… C’est un piège. Virez tout ça. Tiens, imaginez que votre frère, que vous considérez comme votre meilleur ami, travaille dans la même boite que vous. Ou le classez-vous, la ? Hein ? Et si un collègue vous dit « Salut mon frère », devient-il un ami ? Un piège, je vous dis, un piège…


En plus, fonctionnellement, un tel classement ne sert strictement à rien. Je veux dire, savoir que « Oh tiens ! J’ai 7 collègues en ligne sur 18 ! », ça vous apportera jamais rien dans la vie…


Non. Réfléchissez. Pensez « geek ».


Voici la seule façon de trier ses contacts pour tout « geek » qui se respecte : « Gros seins », « moyens seins », « petits seins », et « pas de seins ».


Méditez la dessus, car c’est un véritable état d’esprit, une logique, une philosophie, que vous devrez acquérir, et vite, pour gagner vos gallons dans l’univers virtuel. Des imbéciles objecteront : « Mais si je ne connais pas la taille des seins de mon interlocuteur ? ». Ce à quoi je répondrais (par expérience) : « Pas de seins ». D’autres idiots diront : « Mais si je ne connais pas la taille des seins de mon interlocutrice ? ». Ce à quoi je répondrais : « D’où l’utilité du "Autres contacts" de tout à l’heure, sachant qu’aucun contact ne doit rester classé longtemps dans ce groupe bancal et bâtard ».


Je vous laisse dés à présent réfléchir sur la leçon de ce jour, et vous retrouverais très prochainement pour une nouvelle question, dans le vif du sujet cette fois, puisqu’au cœur de tous les débats depuis des années sur le World Wide Web : « Vaut-il mieux posséder une copine ou un serveur IRC ? »


Bien cordialement, votre dévoué,

Yo²

jeudi 29 novembre 2007

Questions d'aspirants geek - Introduction.

J’ai constaté, avec l’avènement des nouvelles technologies et la démocratisation d’Internet au sein des foyers français, qu’il y avait un nombre croissant de jeunes et de moins jeunes passant dorénavant la majorité de leur temps libre en compagnie de leur ordinateur, pensant ainsi pouvoir prétendre au titre de « geek », personnage d’influence sur ce qui se dit, ce que l’on fait, ou ce que l’on pense sur la toile du réseau des réseaux.

Etant moi-même un vétéran de ce mode de vie que certaines mauvaises langues assoiffées d’argent facile qualifient de « cyber-addiction », et ayant été par le passé un vrai « geek » parmi les plus grands (avant de troquer cette carrière contre celle de SDF), je peux vous dire qu’il n’en est rien : Passer du temps sur le réseau ne fait pas de vous pour autant un « geek » respectable. Etre « geek », sachez-le, c’est avant tout une question de culture !

Cette affirmation, j’en suis certain, déclenchera des hurlements d’indignation chez nos quelques rares amis communistes survivants (Si ! Il y en a !), arguant du fait que de plus en plus d’internautes pour un nombre quasi-identique de vrais « geeks », tout ça pour une question de « culture », c’est une insulte au principe d’égalité, et une reproduction virtuelle de notre société de classes, où le « geek » serait l’équivalent du traditionnel « bourgeois ». Oui. Fort bien. Ce à quoi je répondrais : « Ta gueule ».

Humainement, cependant, cette situation, parfois, me peine. J’entends la douleur de tous ces individus qualifiés de « newbies ». Je perçois la souffrance de ces gens qui passent leur vie sur le chat de « voila.fr » sans pour autant lever la moindre femelle, se faisant injustement kicker ou bannir à la moindre tentative de revendication ou même d’humour. Le même sentiment de rejet, de mépris, que nous ressentions, souvenez-vous, à l’école, lorsque l’on était le dernier élève à être choisi dans l’une des deux équipes de foot. Rejeté du groupe, pour d’obscurs raisons culturelles et sociales, malgré nos compétences et capacités réelles. (La preuve ? Au foot, j’étais probablement le meilleur goal de tous les temps, puisque j’ai bel et bien réussi à éviter toutes, j’ai bien dis TOUTES, les balles que l’on me balançait dessus avec tant de rage et d’agressivité…)

J’ai donc décidé d’apporter mon aide à tous ces exclus des mondes virtuels, de contribuer à la mobilité sociale du web. D’où la création de cette rubrique « Questions d’aspirants geek » sur mon blog, où je répondrais à toutes les questions intimes et secrètes que ces derniers se posent, afin de devenir un internaute réputé, respecté, et apprécié. En un mot, un « geek », un vrai. L’élite.

Nous commencerons dés demain avec une simple question pratique, sans rapport apparent avec la culture ou l’idéologie, mais qui pourtant devra être traitée avec une certaine logique, logique que chaque aspirant « geek » se devra d’acquérir au fil du temps. Cette question sera : « Comment classer ses contacts MSN ? ».

Vous pouvez dors et déjà tenter d’y répondre en commentaire, nous verrons ainsi qui sont les « vrais » dans ce monde si faux.

Bien cordialement, votre dévoué,

Yo²

mardi 23 octobre 2007

Big Brother [3]...

"En cas de rupture, contacter le plus rapidement possible Sida Info Service."

Il pleut à torrents tout autour de moi, mais je suis protégé par les parois en verre de la cabine téléphonique dans laquelle je me suis réfugié. L'averse, subite et violente, ne semble pas vouloir s'arrêter. Ma main, s'enfonçant machinalement dans une de mes poches, entre accidentellement en contact avec le fameux préservatif ayant servi de cadeau d'adieu à mon ex-compagne. Je repense à l'étrange conseil inscrit au dos de l'emballage.

Après tout, pourquoi pas... Ça fera passer le temps, et je suis à l'endroit idéal pour téléphoner : ici, on ne pourras pas tracer mon appel.

Je décroche, insère ma carte dans la fente de l'appareil, puis compose le numéro inscrit sur cet objet qui ne me quitte plus. Une faible sonnerie malade consent enfin à cracher son agonie à l'intérieur du combiné. Un léger déclic se fait entendre. Un léger déclic se fait entendre... "Sida Info Service, bonjour !". Je raccroche.

L'espace d'un instant, sans trop savoir pourquoi, j'ai été littéralement pris de panique. Frisson le long de l'échine. Rythme cardiaque en trombe. Transpiration, vertiges.

Un moment, je me demande si je dois prendre au sérieux ce mauvais pressentiment. Puis je balaye cette idée de mon esprit. Ça ne m'a jamais posé que des problèmes, jusqu'ici, de suivre mes intuitions...

Le téléphone n'arrête pas de me hurler ses bips incessants, sa façon à lui de m'ordonner impérieusement de retirer ma carte de l'appareil. C'est toujours quand on veux que je me retire qu'on fait le plus de bruit, décidément. Qu'à cela ne tienne. Je m'exécute, puis repars à la charge.

Encore une fois : sonnerie en phase terminale, léger déclic menaçant, et même voix que tout à l'heure, j'en mettrais ma main à couper... "Sida Info Service, bonjour !".

- "...
- ... Sida Info Service, BONJOUR !
- Heu. Bonjour.
- Que puis-je faire pour vous ?
- Heu... Je ne sais pas trop, probablement rien, mais y'avait écrit... Que...
- Oui ?
- Et bien, vous savez... "En cas de rupture"...
- Oh ! Bien sûr ! Sachez que les risques, bien que minimes, existent toutefois bel et bien, et qu'il serait imprudent de les prendre à la légère.
- ... Les risques ? Quels risques ?
- D'infection. Par le sida, ou une autre MST. Sachez que...
- Non mais, comment dire, nous nous sommes toujours protégés ! Enfin...
- Heu. Oui. Mais j'ai cru comprendre qu'il y avais eu rupture...
- Merci, je sais bien ! C'est précisément pour ça que je vous appelle.
- ... Et c'est pour ça que je vous parle des risques...
- Je ne vous suis pas tout à fait. Vous... Oh ! Bien sûr, vous... Heu... Voulez parler des capotes usagées ?
- Pardon ?!?
- Ce n'est arrivé qu'une ou deux fois, tout au plus, vous savez !
- Heu... Oui, alors heu, dans ce cas..."

Je raccroche à nouveau. Nouveau vent de panique, facilement maitrisé cette fois. Du sang froid, surtout, du sang froid. Comment, comment diable savait-il ? Comment était-il au courant ?

Ils savaient, ils savaient tout ! Je ne sais pas pourquoi. Mais on me surveille. Depuis longtemps, dirait-on. Et ils voulaient que je sache. Que je sois au courant de leur existence.

Je cherche en vain à repérer leurs éventuels espions, sur le chemin du retour. Il pleut toujours autant. J'emprunte des itinéraires détournés, ce qui est tout bonnement ridicule, puisque je rentre chez moi, et qu'ils doivent bien savoir ou c'est...

Ce préservatif n'était pas un cadeau. Non. C'était un piège, destiné à me faire passer ce coup de fil. Comme si c'était un signal, le coup d'envoi de... Quelque chose. Il me reste à savoir s'il vient bien de Nathalie, ou si ce n'était qu'une mise en scène visant à me le faire croire. Est-elle complice ou victime de ces mystérieux personnages ? Pourquoi moi, et pourquoi se découvrir maintenant ?

C'est relativement serein que je referme la porte de mon appartement. Je n'ai pas à avoir peur. Je trouverais les réponses à toutes mes questions, l'une après l'autre. Ils n'ont pas idée de ce que je peux faire.

Je m'installe sur mon vieux canapé, allume la télévision (un obscur jeu de questions réponses). Pour me détendre, je me sers une bonne rasade de whisky. Mon regard s'attarde sur l'avertissement au bas de l'étiquette. "L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. A consommer avec modération"...

vendredi 19 octobre 2007

Retour à Bordeaux.

Tout à changé. Des rues qui n'existaient pas, des terrains vagues qui n'existent plus, des commerces métamorphosés, des enseignes disparues, des coins qui craignent devenus vitrines de la ville... Seuls les gérants de la librairie / tabac de mon quartier sont restés les mêmes, et n'ont pas pris une ride. C'est louche !

Peut-être que ce sont des extra-terrestres préparant une future invasion de notre planète. Ils préparent probablement un gigantesque complexe souterrain, et ont choisis les sous-sols de ma cité. Choix logique et judicieux, il me semble. Quand je suis entré, le gérant m'as sourit, de la même manière qu'il faisait avant, petit sourire aimable, légèrement commercial, mais pas trop. Comme si j'étais venu la veille. J'ai demandé un paquet de tabac à rouler, il avait déjà un paquet de Marlboro en main. Ce que je fumais à l'époque. J'ai aussi demandé une recharge "Virgin Mobile". Il m'a regardé, l'air étonné. J'ai l'impression qu'il s'est retenu de dire : "Vous n'êtes plus chez Bouygues ?".

Je suis donc ressorti de là passablement effrayé, CHER JOURNAL, bien qu'effrayé, je l'étais déjà avant même d'y entrer. Mon quartier etait si différent, et si semblable à la fois. Mon bâtiment (MON bâtiment) était entouré d'une clôture (et pourquoi pas des barbelés, tant qu'ils y sont ?). Et mon bâtiment (l'autre, MON bâtiment, le deuxième), (suis, suis donc, cher Journal, sinon on s'en sort pas...) était plein de... Avait des portes munies de... Hum. De digicodes.

C'est que c'est le dernier, le DERNIER, des immeubles de ma cité à avoir été doté de digicodes. Je pensais qu'il serait épargné. Une sorte de résistant. Mais non. Il a des digicodes plein les entrées. et ses couloirs s'allument tous seuls au moindre mouvement. Tellement inutile. Comme si le luxe des halls d'entrées pouvait camoufler la misère de ceux qui les habitent. Enfin... Pratique, pour les tournantes.

La grande surface où j'ai fais mes classes a été remplacée par une sorte de clone de Leader Price au nom inconnu. Si ça se trouve, c'est un ancien caïd de ma classe qui tiens l'affaire. La semaine prochaine j'irai chiper un truc, voir un peu l'ambiance quand on s'fait attraper.

L'ambiance, elle, n'a pas changée. Résignation, fraternité, regards éteints, mobylettes trafiquées, provocations verbales, vie de village et vannes de fenêtres à fenêtres, gosses qui courent en riant, papis qui jouent aux boules, jeunes qui squattent leur banc heure après heure, jour après jour, et mon banc, ou il est mon banc, ils ont virés mon banc...

Ce quartier est empli à rabord de gaieté, d'humour, de vie est de complicité. De gaieté de façade, d'humour d'urgence, de vie factice, pour se convaincre que vie il y a, et de complicité calculée, pour survivre au sein de la masse. Ce quartier est comme moi. Mes parents, c'est ce quartier.

Nostalgie, culpabilité. Demain je choisirai le centre-ville touristique et commercial. La rue Sainte-Catherine, elle, j'en suis sûr, n'aura pas changé d'un poil.

mardi 25 septembre 2007

J'ai trouvé un avenir.

Vous n'avez jamais eu le désir de trouver une idée ? Je veux dire par la, une véritable idée, nouvelle, inédite, révolutionnaire. Un truc qui pourrait changer la face du monde. Ou au moins celle de votre compte en banque.

Moi si, depuis toujours.

Gamin déjà, on en discutait. Sur le banc en face du collège, au lieu d'aller en cours.

"ça sert à rien, toute façon, l'école..."
"ouais, tout ça pour finir chômeur..."
"sérieux, on va vivre en chien, on va finir en chien, les mecs. Faut qu'on trouve un truc. Faut qu'on trouve une idée !"

Sauf que trouver une idée que personne n'a jamais eu, au final, c'est super compliqué. Surtout s'il faut en plus qu'elle soit bonne....

Un peu plus vieux, bien que toujours pénalement irresponsables, on était toujours attaché à ce concept d'idée géniale, du truc qui changerait nos vies à jamais. Une bière, un joint, un regard sur l'horizon, un flash, une réflexion serieuse, creusée et aboutie, un passage à l'acte, et un avenir. Enfin. Un avenir.

Mais comme on y arrivait pas, on se contentait juste d'innover, de recycler quelques vieux concepts qui avaient largement fait leurs preuves. Comme voler dans un supermarché (banalité absolue) mais avec quelques "trucs et astuces" spécialement concoctés par nos cerveaux effervescents, histoire de rendre la chose efficace, sans risque, et tant qu'à faire, divertissante. Et surtout, divertissante.

Mais il n'as pas fallu longtemps pour que la lassitude nous morde. Il n'as pas fallu longtemps pour que la résignation nous couche par terre. Il n'as pas fallu beaucoup plus de temps non plus, pour que nos cerveaux soient de moins en moins capable de réfléchir longuement, de se concentrer, de fonctionner plus ou moins correctement. On savait bien, pourtant, que limiter l'alcool, les joints, et s'arrêter à ça, c'en était une bonne, d'idée. Mais elle n'était pas de nous. Comme si notre excès de fierté était en fait la graine semant nos penchants pour l'autodestruction. Ou l'inverse, peu importe. Partir les premiers, finalement, n'était-ce pas la seule bonne idée que nous n'ayons jamais été proche de cueillir ?

Et puis on a tous plus ou moins tacitement décidés d'échouer seuls, plutôt que de rêver ensemble. C'est surement ça, l'age adulte. "Chacun sa route, chacun son chemin", chantait à cette époque un rasta qui plaisait aux vieilles dames. Parfait. Qu'importe l'itinéraire qu'on emprunte, on sait bien qu'on a tous la même destination, de toute façon. Pas vrai les gars ?

Toi t'as choisis la drogue, toi la taule, moi Paris. Qui est le plus fou des trois ? N'ai-je pas eu là l'idée la plus lugubre, finalement ? N'ai je pas eu l'idée la plus vide de sens ? Comme si vous aviez laissé votre espoir mourir à petit feu, alors que j'avais achevé le mien d'un coup sec.

Ici j'ai tout oublié. Vous, moi, mes rêves de gosse. L'idée d'avoir eu des rêves de gosse. Même l'idée d'avoir des idées me serait apparue comme révolutionnaire si on m'en avait fait part. A quoi bon ? A Paris tout va vite. On fait des choix ici. On se décide. Penser se résume à un QCM. Oublier. Oublier deviens le moteur. Ici, c'est l'environnement parfait pour moi. Je roule au sans plomb dans la cervelle.

Sauf que les idées, c'est un peu comme l'amour. C'est quand on y pense plus, quand on y crois plus, que ça vous tombe dessus. Et en général, pas longtemps après, ça commence à faire très mal...

"Hier, j'ai mangé une pomme", celle qui m'est tombée sur le crâne. Et ding, une ampoule s'est allumée au dessus de celui-ci, un peu comme dans les dessins animés de ma jeunesse.

Viendront donc échec et déception. Sans nul doute. N'empêche que cette idée révolutionnaire, je crois bien que je l'ai. Celle qui pourrait changer mon quotidien, et même celui de milliers d'autres personnes, si jamais je me montrais capable de la creuser et d'en faire quelque chose de concret.

"Allo, mes frères ? Revenez, revenez les gars ! J'ai trouvé un avenir..."

dimanche 16 septembre 2007

Big Brother [2]...

"Pour chaque rapport, utiliser un nouveau préservatif."


C'était donc, ça, le truc. Peut-être. C'était donc ça, ma faute. Qu'est ce que vous en pensez, vous ? C'est peut-être pour ça qu'elle m'a larguée.

Des conseils pareils, aussi, ils devraient les marquer en fluo, sur la capote elle même. Au lieu de les marquer sur la boite. J'veux dire, dans le feu de l'action, tout ça, on regarde pas trop, la boite.

Peut-être qu'une fois, sans m'en rendre compte, je me suis trompé, les capotes neuves, les capotes usagées, elles sont un peu au même endroit, par terre, prêt de mon lit. Sous l'influence du stress inhérent à ce type de situation, une main qui tâtonne nerveusement le sol, l'autre qui tente tant bien que mal de continuer son office pour ne pas faire baisser l'excitation... Des regards en biais vers le plancher pour tenter de voir ou, EXACTEMENT, se cache ce putain de bouclier de latex, peine perdue, peine perdue puisque, sitôt que je regarde ailleurs, j'en suis sûr, les préservatifs se déplacent pour éviter que je les attrape, j'en suis convaincu.

La prochaine fois, à la pharmacie, même si je dois payer plus cher, je demanderais des préservatifs domestiques. Les préservatifs sauvages, c'est vraiment pas pratique. Ils s'enfuient, ils veulent pas se mettre correctement, et en plus, ils sont tout glissant.

Les capotes domestiques, je suis sûr qu'elles connaissent déjà des tours. Si ça se trouve, suffit de crier "Allez hop !! Debout ! Sur ma bite !". Et elles font tout le travail.

Mais bref. Du coup, c'est possible, une erreur d'inattention, et j'ai pioché une capote usagée sans m'en rendre compte. Et du coup, elle m'a larguée. Mon ex, donc. Pas ma capote.

Non... Tout ça ne tient pas debout, pas vrai ?

Non... Ça ne tient pas. Ça faisait trop longtemps qu'on avait pas baisé.

Ce n'est pas l'hypothèse la plus absurde que j'ai élaboré pour expliquer son départ, cependant. Imaginer des hypothèses, je trouve ça sympa, ça fait passer le temps. Et en plus, quand on commence à virer dans les théories légèrement saugrenues, ça devient drôle.

Oui. Les heures sont devenues bien amusantes, depuis cette rupture. Je l'en remercierais, quand elle rentrera à la maison.

J'en étais à ce point là de mes considérations lorsque j'ai remarqué qu'on me surveillait. Ou du moins, qu'on m'observait. Enfin, après tout, c'est la même chose.

Une femme, à la table d'à côté. Elle me regarde fixement, l'air ahurie, comme si elle avait vu un martien se téléporter à côté d'elle et commander un double express. Je me retourne vers elle, souriant, et lui demande d'un air candide :

- "Vous me trouvez bizarre ?"

- "Je... Heu, c'est à dire..."

- "Vous trouvez bizarre le fait de regarder pensivement un préservatif pendant des heures, à la terrasse d'un café. Laissez moi vous dire que vous êtes obtus, madame."

- "Mais... J'ai rien dis, je..."

- "Silence, petite sotte." dis-je en marmonnant, pour conclure magistralement, mais discrètement, cet échange. Sans dec. Cet emballage en carton qui tourne et retourne dans mes mains depuis un peu plus de trois heures, ce n'est pas un ustensile sexuel. C'est un souvenir ! Un souvenir...

Tout bien réfléchis, c'est même le seul souvenir qu'elle m'ait laissé. Certains peuvent se raccrocher à des lettres ou à des photos. Moi c'est une capote. C'est pas moi qui suis bizarre à jouer avec ça en public toute une après-midi. C'est elle qui est bizarre de me laisser de tels souvenirs. CQFD.

Mais malgré tout, je suis plutôt confiant. Elle reviendra, c'est sûr. Je me souviens d'une amie qui m'avait expliquée qu'elle laissait toujours, intentionnellement, des objets à elle traîner chez les hommes qu'elle souhaitait revoir. Un bracelet, une pince à cheveux, n'importe quoi. Ça lui donnait une excuse pour revenir. "J'ai oublié une barrette chez toi. Je peux passer ?"

Je pense que mon ex-compagne utilise la même technique. C'est juste que, sous la main, elle n'avait qu'un préservatif. Mais demain, elle me téléphonera, et me dira "J'ai oublié une capote chez toi. Je peux passer ?".

D'un autre côté, je ne suis pas certain à 100% que ce ne soit pas l'un des miens. Mais bon. C'est un XL. Ça dénote un état d'esprit optimiste lors de l'achat. Ouais... C'est forcement un des siens.

C'est peut-être aussi un message, un message d'adieu, qu'elle me laisse : "Je ne suis plus la pour te surveiller, mais surtout, surtout, ne fait jamais d'enfant !"

Je suis peut-être un peu perdu, finalement. Je crois que tout cela m'affecte certainement plus que je ne le pense. Peut-être ai-je besoin d'aide...


"En cas de rupture, contacter le plus rapidement possible Sida Info Service". En cas de rupture... Ouais... Pourquoi pas... Ouais, je crois que je vais faire ça !

mardi 4 septembre 2007

Big Brother...

"[... Votre boisson est en préparation...]"

Hmmm....

"[... Merci de patienter quelques minutes...]"

Bon. Grouille.

"[... Il vous reste - 1 - euro(s)...]"

...

Comment cette machine à café peut-elle être si bien au courant de l'état de mes finances ?!?